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Dans Conte, par Peings | 1 commentaire

« Dichotomie »

20 juin 1941, quelque part dans les Vosges. . .



C'était dans un ramassis de poussière que leurs corps furent jeter dans une de ces cellules beaucoup trop petite, comme on en trouve sur chaque camp. Quelques bribes de saletés s'étaient collées à ses lèvres ensanglantées tandis que d'autres parsemaient son uniforme de soldat usé par le temps et le sang de ses amis tombés, de ses ennemis tués.

On leurs avaient lié les mains et retirés toutes leurs armes et autres choses personnelles qui se trouvaient dans leurs poches, avant de les détacher et de les laisser pour morts dans le noir presque complet.

Les Boches parlaient entre eux avec leur accent désagréable et leurs voix horripilantes quand ses yeux glissèrent le long de ses camarades. Ils étaient maintenant dix sur trente à être encore vivant, pour l'instant.

Ses cheveux, attachés en une natte soignée, viraient aux blancs par endroits. Cette guerre avait fini par tuer une partie de son être et souiller son âme. Il s'était engagé à vingt-et-un an comme la plupart des jeunes présents dans les nombreux bataillons. Emeric ne connaissait pas vraiment les hommes avec qui il était maintenant enfermé, mis à part quelques-uns. Tout ce qu'il l'importait, c'était de savoir ce qu'ils avaient bien pu faire d'elle. L'avait-il violé ? Allait-il la garder en otage ou même la tuer ? Des images de sa bien aimée lui parurent en tête, lui donnant la nausée. Tomber amoureux en temps de guerre est le plus beau des espoir.


— Ne t'inquiète pas Causape, je suis sûr qu'elle va bien. Ils ne la tueront pas, c'est un médecin. Ils vont sûrement la garder et s'en servir pour soigner leurs putains de blessés.


Emeric laissa glisser ses yeux sur le corps d'un homme du même âge que lui, prostré contre une poutre, fumant l'une de ses dernières cigarettes qu'un Boche lui avait laissé. Ses cheveux blonds fraîchement rasés de la veille viraient au rouge à certains endroits de son crâne. Son regard azuré fixait intensément la seule fenêtre présente sur les murs de cette cage. La lumière du soleil glissait sur sa peau pâle remplie de cicatrices fugaces et légères, lui aussi n'était plus que l'ombre de lui-même.


—Ta gueule Duke, si tu continues à les insulter ils vont finir par nous tuer !
—Et alors Bran ? Tu penses réellement qu'on va s'en sortir vivant de ce merdier ? Même les rats ont plus de chances que nous. Ils...
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