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Matthias Køhler

Matthias Køhler
Nouvel écrivain

Classé dans Autre
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Date de création :
le 18 février 2017, à 11:08

Dernière validation :
le 7 juin 2018, à 18:40

Passé artistique

Minuit, sur la place de Pitlover. Le Virtuose exposait encore une fois un de ses chef d'oeuvres. Une femme aux cheveux bleu nuit, une fleur de sang sur la poitrine, allongée en plein milieu de la place. Parfait, sublime, exquis, tellement qu'il ne put s'empêcher un soupir de satisfaction. Mais alors qu'il regardait son travail d'orfevre, le fantôme d'une personne, autrefois chère a ses yeux, remplaça pendant un bref moment le visage horrifié et torturé de la fille. Quand il vit ce visage familier, il ressentit deux choses qu'il n'avait jamais ressenti avant: la peur et l'envie de fuir. Il courut alors, presque à en perdre haleine, puis se réfugiant dans sa planque, il se remémora des souvenirs... douloureux.
C'était quand il avait 12 ans, il vivait alors avec ses parents et sa soeur. Son père était chasseur, sa mère aide soignante et sa soeur était la personne qui comptait le plus à ses yeux. De temps en temps, il accompagnait son père a la chasse, malgré la réticence de sa mère, ce a quoi son père répondait toujours par:"Tu sais, il commence à devenir un homme, il est temps qu'il prenne plus de risques que ca". Elle se mettait alors a grommeler, ce qui faisait rire son père, un rire franc qu'il avait toujours apprécié, puis ils partaient. Mais ce jour la fut un jour spécial, ou la muse rouge sang rendit visite au jeune Jhin. Alors qu'il chassait seul dans la forêt, Jhin, armé de son fidèle Murmure, que son père lui avait offert, vit les buissons bouger. Quelque chose de vivant se tenait derrière, une proie pour Jhin. Il mit en joue, attendant le moment idéal, puis tira instinctivement. Il entendit alors un bruit bizarre.
Un hurlement humain.
En temps normal, une personne saine d'esprit culpabiliserait sur le coup et sortirait pour essayer d'aider l'homme. Mais Jhin restait immobile, hypnotisé par la beauté de ce cri, et ne sortit de sa transe que quand silence ce fût. Il approcha alors de la source du bruit. L'homme, déjà pâle comme un cadavre, respirait difficilement et tentait vainement de panser sa plaie avec sa main, puis il vit le jeune homme
"S'il te plaît... aide moi... Je souffre"
Mais une voix, douce et mélodieuse, lui ordonnait une toute autre chose. Il leva alors son arme et lui tira dans la cuisse. L'homme recommenca a hurler, au plaisir de Jhin, qui tira dans l'autre cuisse, puis dans chaque bras, et de dès que l'homme se arrêtait de hurler. Il mit de longues minutes à mourir dans la douleur, le sang et les larmes. Et Jhin était subjugué.
Ce n'était pas qu'un simple cadavre.
C'était de l'Art.
Pas l'art que ces parents lui avaient montré, non. Celui la lui semblait fade et répétitif, alors que sa performance a lui était artistique.
C'est alors qu'il entendit une voix familière.
"Grand frère! Maman m'a envoyé te cher..."
Elle ne finit pas sa phrase, choqué par la scène. Son frère, couvert de sang, l'arme au poing, devant un cadavre dont le visage reflétait la souffrance qu'il avait éprouvé.
"-Qu... Qu'as tu fait? C'est toi... Toi qui l'a...
-Tué? Mais non, je ne l'ai pas tué. Je l'ai transformé en oeuvre d'art
-Mais c'est odieux. Il ne méritait pas de mourir. Il avait sans doute une famille, des amis... Pourquoi... Pourquoi as-tu fait ca?
-Pour l'Art, petite soeur, pour l'Art. N'est-il pas magnifique ainsi? Digne d'un musée."
Elle eut alors les larmes aux yeux, puis la colère et le dégoût se lut sur son visage
-...Monstre.
-Je suis un artiste, pas un monstre.
-SI TU ES UN MONSTRE! TU N'AS PAS DE COEUR, NI DE COMPASSION! JE VAIS TOUT RACONTER À NOTRE PÈRE!
-Non ne fait pas ca petite soeur. Il ne comprendrait pas.
-COMPRENDRE QUOI? QUE TU AS TUÉ CET HOMME POUR LE PLAISIR? QUE TU ES DEVENU FOU? IL LE COMPRENDRA PARFAITEMENT!"
Puis elle fît demi-tour et courut vers leur maison. Puis Jhin entendit une détonation, et vit une fleur pousser sur la poitrine de sa soeur, tandis que celle-ci s'effondrait sur le sol, agonisante. Son doigt relacha la gâchette, puis il se mit à rire, au début doucement, puis de plus en plus fort, jusqu'à ce qu'on puisse entendre son rire dans toute la forêt. Puis il se dirigea vers sa soeur, dont le visage était défiguré par la douleur. Il la regarda une dernière fois, puis fît demi-tour et s'en alla. Son Art ne devait pas se limiter qu'a ce village, le monde entier devait le voir.
Sous sa forme la plus belle.

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