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ondine266

ondine266
Nouvel écrivain

Classé dans Essai
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Date de création :
le 29 octobre 2016, à 03:29

Dernière validation :
le 7 novembre 2017, à 20:29

C'était cette vie...

C’était cette vie où les pauses n’existaient pas, où vivre était un passage qu’une âme empruntait entre lumière et enfer pour s’enrichir et pour mieux avancer dans son avenir. Mais telle était la vie, aussi belle par moments quand nous étions des enfants et aussi cruelle, compliquée, plus tu grandissais, plus tu essayais de t’élever…

Quand j’étais petite, j’avais hâte de grandir mais, lorsque j’avais atteint l’âge de 14 ans, j’avais dû, à plusieurs reprises me forcer pour faire un sourire. J’étais sans aucun repère et comme dans un tsunami, une grosse vague approchait, la vague rentrait en moi en me pénétrant au plus profond, en me déstabilisant. La seule chose à laquelle j’aspirais, c’était pouvoir m’exprimer librement. J’avais tellement de choses à dire, tellement de questions qui me hantaient. Le seul moment où je sentais que l’eau s’était un peu évaporée, c’était quand j’écrivais, sauf que mes professeurs me mettaient toujours des limites de temps et de mots. En réalité ce qui se passait c’était : je me vidais sur ma feuille, réalisais que j’avais 200 mots de trop, un dénouement et une conclusion encore à composer, Je me forçais à ne pas écrire même si tout, comme un raz-de-marée, voulait sortir, Je finissais toujours avant la limite de temps. Le professeur, chaque fois, me disait d’aller couper mon texte. C’était si dur de devoir faire un choix, tout était si important pour moi. J’essayais de tout regrouper dans la même phrase. Je passais plus de temps à arracher les mots de ma feuille qu’à les déposer. À chaque fois, les mots restaient bloqués dans mon cœur et mon esprit. Ces mots prenaient trop de place dans ma vie. J’étais incapable de sourire. J’avais du mal à pousser un soupir. L’air coinçait dans ma gorge. Je ne me sentais pas bien. Le pire c’était la note qui s’en suivait. J’avais toujours le droit à une note désastreuse. Je perdais tous mes points dans la structure et la cohérence à cause de mes phrases immenses. Comprenez-moi, je n’avais pas le choix. J’ai tout mis dans la même phrase en la transformant en paragraphe. Je devais enlever les bons mots sortis de mon cœur. Mon texte était trop long. C’était quand même ma faute. Pour moi, c’était un crime, mais apparemment que quelqu’un en train d’empêcher un élève de s’exprimer ne l’est pas. La loi disant que tout le monde a le droit à l’expression n’avait jamais existé ou elle faisait semblant d’être appliquée…

Je dus garder espoir, essayer, même si ce n’était pas facile. Au moins, ce jour-là, j’avais un repère, c’était cette spiritualité à laquelle je m’accrochais pour continuer. J’essayais de comprendre ce qu’il arrivait au monde et à moi. Les actualités me bouleversaient parce que je voyais les évènements arriver sans pouvoir rien faire. Je passais des nuits blanches, je me réveillais en sursaut, mes rêves étaient si réels. En effet, ils étaient le téléjournal du lendemain. De plus, je voulais apporter la lumière, mais je sais que lumière rime avec enfer. Je n’ai pas envie de parler de l’école avec mes notes. Je ne comprenais pas les examens, ni ma vie, alors comment voulez-vous que je sois concentrer? J’étais incomprise, juste mes amis savaient un peu ce que je vivais. Par contre, ils n’avaient jamais fait l’expérience, jamais ressenti ces émotions intenses. Elles étaient sans cesse cachées sous mon silence. Ces peurs m’habitaient et le soleil n’arrivait pas à me réchauffer, je n’arrivais pas à rayonner. Si on m'avait donnée le droit de m’exprimer, mon cri de combattante aurait peut-être effrayé la vaguelette et je n’aurais pas une marée dans la tête…

Soudainement, la cloche sonna, je n’étais pas sûre d’avoir réussi ce texte, ni ma vie. Je devais arrêter d’écrire. J’avais dépassé la limite de temps pour mon texte et pour ma vie. Je n’avais pas envie de couper mon texte. Bien sûr, on m’aurait dit d’aller demander de l’aide. C’était toujours plus facile à dire.

Alors, par une nuit étoilée, je me levai, m’habillai, sortis dehors, courrai jusqu’au pont et d’un seul coup, tombai sur le trottoir. Je me relevai, retombai. J’étais sonnée, toute ensanglantée, en train de réaliser comment m’était venue cette idée. Je sortis vite de ces idées noires et m’envolai avec cette lumière, mais peut-être n’était-ce qu’un lampadaire.

Ondine Schaefler

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