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Zakatchi

Zakatchi
Fondateur

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Date de création :
le 12 avril 2012, à 13:58

Dernière validation :
le 13 août 2012, à 15:48

Cauchemars

« Les dés sont lancés. Tout à commencé. Plus rien ne peut L’arrêter. »

Un battement. Toujours plus fort. Toujours plus rapide. Celui de mon cœur.

Tandis que je cours, les pensées s’entre choquent dans ma tête.
« ‘tin ! J’vais claquer ! C’est quoi ce monstre ?? C’est pas possible ?! Je fais un cauchemar ! Je cours à donf et pas moyen de semer ce machin !! »

Toutes les rues sont désertes. Pas le moindre signe de vie. Chose étrange, car à cette heure, le boulevard Manhattan est bondé. Je profite de l’enseigne extravagante d’un magasin pour tourner dans une ruelle sombre.
Un pan de mur effondré ! La chance de ma vie ! Je m’y abrite et tire une poubelle devant moi. La Bête s’approche. Je n’ose respirer, et me tasse un peu plus dans mon trou. Un pas lent. Elle ne court plus. Elle s’arrête juste devant ma cache. J’ai l’impression qu’Elle entend mon cœur battre. Je ferme les yeux et m’efforce de devenir invisible.

Au fait, moi c’est Nathan, mais tout le monde m’appelle Nat’. Je suis en seconde, un mec sans histoire, enfin, je croyais. Cette histoire, c’est celle que je vous raconte, et vous allez peut être pas y croire. En fait, là, j’suis grave dans la merde. Je sais pas comment cela a débuté, mais je suis à peut près sûr de la fin.

C’est hier que tout a commencé. La fin des cours avait sonné. A la sortie, la racaille du lycée m’insulta. Je ne dis rien et continuai mon chemin. J’avais l’habitude de ce genre de conneries, et je savais qu’il ne fallait rien répondre, et que ça allait passer tout seul. Seulement, ce jour là, il en dit trop. Vraiment trop. Je posai mon sac et me tournai vers lui. Sans crier gare, il me frappa au creux du ventre. Un coup que j’encaissai sans difficulté, mais que je rendis deux fois plus fort à la tête.
Évidemment, ses molosses de potes n’étaient pas contents, et je m’étais déjà tiré. Après l’avoir aidé à se relevé, ils me coursèrent. Mais bon, ils avaient beaucoup de mal à me rattraper. En fait, je suis réputé pour être le mec le plus rapide du lycée. C’est pour ça qu’il me fut facile de les semer. Cependant, je ne pris pas la grande route ce jour là, mais passais par des ruelles sombres. Ce fut mon erreur –quitte à me faire taper.
Je marchais tranquillement lorsque deux brutes m’empoignèrent violemment et me plaquèrent contre un mur. Leur respiration rauque et leur haleine de chacal me faisaient frémir, et je perdis connaissance. Je me réveillai attaché aux pieds, allongé sur un sol en terre battue. L’un d’eux me tendit des dés et dit :
-Tiens. On va jouer la chose la plus importante pour toi. Ta vie.

« Play Or Die. »



Une odeur de sang, d’alcool, de clopes et de transpiration régnait dans la cave sombre. J’avais mal à la tête. Je tentais d’analyser ma situation. Ce fut vite fait. Même si je courrais vite, il n’y avait que des hommes, du genre bien baraqués. En admettant que les trois quart étaient bourrés, il suffisait qu’un tire un couteau et s’en était fini pour moi. De grosses sommes d’argent étaient mises en jeu, et des bagarres éclataient souvent.
Un homme encapuchonné s’avança vers moi. Il me tendit des dés. Cinq dés de forme étrange. Il me prit et me lança à coté de la table où je devais jouer.
-Trois chiffres pareils et c’est la mort pour toi mon coco, me dit-il.
Je tremblais. Je n’avais jamais eu de chance pour les jeux de hasard. J’avais l’impression que tout le monde avait les yeux fixés sur moi. Doucement, je jetais les dés. Sept. Trois. Quinze. Sept. Le dernier dés tourbillonnait, et ralentissait peu à peu. Sept. La mort.
Douce ? Ou violente ? Un trou noir ? L’enfer ? Le paradis ? Je fermais les yeux et attendait le coup de couteau, le couteau à la lame argentée, celui juste au dessus de ma tête.

Mais soudain, un grand brouhaha. Après avoir triché au poker, un homme vola à travers la pièce et atterrit sur une table en la brisant en mille morceaux. Il sortit alors un couteau mais ne fut pas assez rapide. Un éclair argenté brilla. Je portais les yeux sur lui. Une lame de trente centimètres était enfoncée dans son crâne. Le visage maclé de sang, il ne bougeait plus.
Je profitais de la bagarre générale pour sortir et me rendre chez moi.

« Le mal existe-t-il ? La douleur a-t-elle un visage ? L’horreur est-il que dans les rêves ? »


Je m’enfermais dans ma chambre, et tenta de dormir. En vain. Je fis des cauchemars.
Un homme s’avança vers moi et me maudit.
Des corbeaux riaient tandis que je gisais inanimé dans la rue, un couteau dans le ventre, les passants me regardaient avec des sourires diaboliques, puis je tombais, me précipitais dans le vide, criais, hurlais sans jamais mourir, que la douleur, la souffrance…

Mon réveil sonna, me tirant de ces infâmes rêves. Je me levais. J’ouvrais le micro onde pour mettre mon café à chauffer. Ma tasse s’éclata par terre. Pétrifié, je reculais, et me heurtais contre la table. Mon père. Enfin, sa tête. Dans le micro onde. Je me tournais et vit un spectacle absolument terrifiant. Mon père, ma mère, mon frère et même mon chien étaient accrochés sur le mur. Leur tête était coupée. Prit par la terreur, je me jetais par la fenêtre, du quatrième étage de notre immeuble. Qui est ainsi le maître de mon destin pour me refuser la mort ?
J’avais affreusement mal partout, mais n’avais rien de cassé. Je voulais fuir. Le plus loin possible. Je marchais ainsi pendant longtemps. La vie avait déserté le monde. A moins que ce soit le monde, qui ai déserté la vie. J’étais seul. Je poussai un cri. De toutes mes forces, et aussi longtemps que possible. Je tombai à genoux.

Un bruit de sabot se fit entendre derrière moi. Je me tournai et je La vis.
Qui ça ? Je ne sais pas. Elle était d’une horrible beauté. Hideuse, mais Elle nous attirait.
Le Diable. L’Horreur. Le Mal. La Faucheuse. La Traitresse. La Mort.

Je pris les jambes à mon coup. Et je peux vous dire, que quand un machin pareil vous suit, vous n’avez que vos tripes. Pas le temps de penser à la faim, à la soif, à la tristesse, à la fatigue.
La suite, vous la connaissez.

« Est-il bon de croire à la Mort ? Nul ne La connaît vraiment. Personne ne peut La définir, La décrire. Car quand on La voit enfin, on est déjà mort. »


J’ouvrais les yeux. J’avais changé de place. Un homme me regardait. Tendrement. Celui qui m’était apparut dans mon rêve. La Mort avait disparut. Il ouvrit la bouche. Mais rien n’en sortit. Une voix sombre, ténébreuse et machiavélique résonnait dans ma tête.

« La Vie est traitresse. Un jour elle vous bénit, l’autre jour elle vous maudit.
La Mort, elle, ne correspond qu’à vous. Douce et violente à la fois, charmante et terrible. Chacun la voit d’une façon différente.
Ne crois tu pas que tu allais échapper à la Mort ? Tu aurais du mourir hier. Alors, Elle t’a maudit. Et Elle est venu te chercher.»


L’homme disparut aussitôt. Je ne vis rien venir. Une douleur fulgurante me taillait la tête. La Mort était derrière moi. Puis elle m’enfonça sa lame dans le ventre. Et disparut.

Les piétons passaient sans me regarder. Je souffrais. J’agonisais. Je gisais au milieu du trottoir et personne ne s’intéressait à moi. Qu’à sa propre personne. Sept corbeaux, perchés sur un arbre mort, me regardaient et croassaient. Ça résonnait comme des rires à mes oreilles.

La Mort m’avait maudit. Ainsi, je passais inaperçu pour les yeux de qui ne voulait pas voir. Aussi, je ne mourrais pas. Je restais là, allongé dans mon sang, un couteau dans le ventre, et j’agonisais doucement. J’attendais que la Mort m’accueille. Le temps passait doucement.
« Ma Fin. Horrible. Sanglante.
La Mort est finalement venue.
Où suis-je ? Comment c’est ?
Je ne vous le dirais pas. Attendez la Mort. Elle viendra.
Un jour où l’autre. »

Commentaires
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Skyofinnocence, le 7 février 2014, à 13:32 :

très cool, très prenant!


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