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Yoite.

Yoite.
Nouvel écrivain

Classé dans Essai
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Date de création :
le 19 avril 2016, à 22:11

Dernière validation :
le 20 juillet 2016, à 17:22

Imminence.

Une heure, deux heures. Je ne sais combien de temps je passe allongé sur ce toit, à regarder les nuages défiler un par un, en silence. Il fait encore jour, mais le soleil va commencer à décliner. Je ferme les yeux, j'aime la chaleur de l'astre orangé. Je ne sais si je le peux, mais je la compare à la chaleur que certain trouve dans les bras de leur mère. Je ne sais si je le peux, que ressentez-vous quand votre mère vous enlace ? Ne le saurais-je un jour, ça me ferait bien trop peur que cette femme, celle qui m'a donné la vie s'approche ainsi de moi.... ou même n'importe qui portant le même nom que moi. Je suis mieux loin d'eux, ils empestent la mort. Quand je les regarde, je regarde leur âme tachée de sang, leur sourire sadique mélangé à une lueur détraquée, sans pouvoir m'empêcher de ressasser leurs actes psychotiques, ces instants où j'étais spectateur de massacres et meurtres dignes des pires cauchemars. Je rouvre les yeux, … et j'ai dit adieu à la seule personne m'ayant tendue la main dans ce chaos désolé qu'est ma vie. J'ai osé. Ces souvenirs, que je pensais heureux, ne sont que des illusions aliénés que mon esprit s'est contrefait dans l'espoir que je ne remarque rien. Je remarque que cet esprit, mon esprit, à voulut me préserver de la réalité. Cet esprit, mon esprit, moi. Je le savais et l'ignorais à la fois, ou peut être le savais-je et refusais-je de l'admettre... ? Mes yeux, si froid, si vides, si ternes, fixent de nouveau le ciel qui m'a donné son nom. Ciel. Ce Ciel, le ciel. Je lui dois tout, mon identité, mes humeurs, et ma vie. Les hauteurs sont mes seuls échappatoires, le seul endroit où je peux me sentir en sécurité, le seul endroit que je peux appeler « chez moi ». Ma maison, mon abri, mon refuge, ce sera tout. Toujours mieux que ce manoir sombre et glacial qu'est la demeure des assassins Lavann.
Je me rappelle maintenant, quand, petit, pourquoi les nuits me hantaient, pourquoi dormir était pour moi un instant de torture mentale. Les soirs, lorsque je cachais ma tête sous l'oreiller pour étouffer les hurlements de souffrances résonnant dans le hall, les soirs, où la musique s'en allait crescendo à plein volume pour couvrir les suppliques et l'affreux bruit des larmes glissant sur les joues, les soirs, où les défunts m'accusaient de leur mort, où de sanglants fantômes me torturaient les pensées, ces soirs où je payais le prix des délits des chasseurs de têtes. Je voudrais oublier ces souvenirs. Tout. Tous ces fragments de rêve trempés d'illusion que forment mon artificiel passé 'heureux', ou ce miroir de vérité froid comme la mort que reflète ma véritable histoire. Je voudrais tout oublier, plonger dans le lac de l'inconscience, oublier ce que j'ai vu, me perdre dans les limbes de l'ignorance, oublier ce que j'ai vécu, et trouver au fond de cet abîme une quelconque source d'espérance. Toutefois je sais que j'aurais beau vouloir et désirer encore plus ôter cette sombre mémoire tout entière, le Diable m’apprécie trop pour me faire cette faveur, il me poursuivra jusqu'à ce que je le rejoigne dans son empire de flammes. Il me l'a promit. Il me parle, il vient sans cesse me tourmenter, il me dit tout, il est toujours calme, il ne perd jamais son calme, même quand je suis au bord du gouffre de la mort il continue à me susurrer ces promesses de désespoirs. Mais je ne sais plus ce que j'ai à perdre désormais. Je ne sais plus quel désespoir je devrais endurer encore pour que la faucheuse se décide à me décapiter. Je ne suis que le fruit de l'accord entre deux Démons, l'un dénommé Vicrayn Zakarías Lavann et l'autre plus connu sous le nom de Lucifer. Je ne suis que celui qui paye pour tous les méfait impunis que ceux de mon sang ont commis. Celui qui à hérité des cauchemars, des accusations, des souvenirs. Je le retourne quatorze fois dans ma tête, le sens de mon existence ne tourne qu'autour de la mort, de la souffrance et de la haine. Je suis le ticket d'assurance vie des Lavann, et celui qui prouve que les morts ne seront jamais vengés. Je hais ma famille et l'aime à la fois, ironique non ? Je suis en vie pour qu'ils puissent poursuivre leurs activités sans griefs, j'ai été donné aux tourments, aux malheurs, aux désespoirs, et au Diable ! Toujours le regard fixé vers les nuages, je me lève brusquement et serre les poings. C'est injuste, c'est invivable, c'est inhumain, c'est... c'est... Je hurle de toute mes forces, je hurle, braille, à m'en déchirer la voix. Laissez moi, laissez moi, laissez moi, laissez moi, laissez moi, laissez moi, laissez moi, laissez moi, LAISSEZ MOI !!! Ma voix se brise, elle éclate, je laisse exploser toute ma rage, toute ma détresse, tout ce que je n'ai jamais pu dire, tout ce que j'ai laissé coincé entre ma conscience et mon cœur, je laisse mon hurlement me débarrasser de tout ça. Je n'ai plus de souffle, je suis sonné, je suis perdu, le monde tourne autour de moi, tout se mélange.

Où suis-je ? Qui suis-je ? Que fais-je ? Ah oui je sais. Je recule de quelques pas, mes mains viennent se poser sur mes tempes, elles remontent s'accrocher à mes cheveux. Je ne sais plus. Je ne sais pas. J'en ai assez. J'ai mal, un gémissement s'échappe de mes lèvres, ça tourne, ça se mélange, ça se brouille. J'ai mal, je cherche ma blessure, j'ai mal... Mal, ma tête me fait mal, atrocement mal, je ferme les yeux. Ça ne sert à rien, je sais. Ma respiration déjà instable, s'accélère. Je veux que tout s'arrête, que quelqu'un soit là, qu'on m'aide, que je me souvienne. Pourquoi suis-je seul ? Pourquoi n'y a t-il personne ? Quelqu'un ! Ne m'abandonnez pas ! Pitié ! Comme si des pieux s'incrustaient lentement dans mon crâne. MAIS ARRÊTEZ ÇA !!!
Je suis exaucé, brusquement je rouvre les yeux, le monde se remet en place, le ciel est bien là-haut, et je suis toujours sur mon toit. Je suis toujours sur le toit. Mon toit.... Ma respiration se calme en même temps que les battements de mon cœur. Tout est étrangement blanc, mes pensées sont claires, et simples, rien n'est mélangé, rien n'est confondu. Tout vient au bon moment. Je ne me pose plus de question. Je suis calme. Ni heureux.... ni malheureux. Mes pensées ne ressentent rien. C'est vide. C'est stagne.

Je suis debout, sur mon toit, au bord de ce dernier, je suis dos au vide, je regarde le ciel, je ne sais rien, et pourtant je suis serein. C'est trop tard. Je lève la main, et la tend devant moi, la paume devant mes yeux. Qui ? Je ne contrôle pas mon corps. Ma main s'écarte, comme si elle voulait toucher quelque chose dans l'air. Elle tourne, comme si elle voulait serrer la main à une personne devant elle. Ce corps... est-ce moi ? Qui est à l'intérieur ? Je ne sais pas qui je suis, mais je ne suis pas celui qui y était. Il y a quelqu'un d'autre. Dans ma tête, dans mon esprit, dans mon âme ou dans mon corps, ce quelqu'un d'autre tend la main devant lui. Ce quelqu'un d'autre voit quelque chose devant lui qui le fait sourire. Je sens un liquide couler sur ma joue, une larme ? Il pleure, il sourit, il voit des choses que je ne vois pas... je voudrais être lui. Ressentir les choses comme lui, voir le monde à travers ses yeux ne me suffit pas, je veux le penser comme lui. Peut être arrêterais-je de me sentir comme un arbre mort ? Je ne sens rien, je pense comme une machine parfaitement huilée, je vois comme la réalité veut que je la perçoive. Je suis vide, je suis rien, néant, terne, achrome. Laissez-moi sortir de cet enfer. Je ne veux pas regarder ma vie comme ça. Je veux vivre ! Je veux ressentir ! Laissez moi sortir de là ! Echo... Je ne bouge pas, et pourtant je me débat comme jamais, je cogne contre un mur invisible, je hurle sans perturber le silence de cet endroit. Sans entacher une seule fois ce blanc. Je tape, encore et encore, mes mains saignent, je crie à l'aide, pleure, supplie, je veux vivre, je veux vivre bon sang !!!

Qui était-ce ? Un instant, j'ai sentit une agitation soudaine en moi. Un souffle glacé caresser ma nuque. Je regarde ma main. Je hausse les épaules, j'ai une personne à accueillir. Un illustre personnage que mon esprit implorait, mais qui de ses mains noyait mon cœur dans une profonde confusion. Maintenant je sais ce que je veux. Il est hors de question qu'elle me fasse un nouveau pied de nez. J'en ai assez. Ce que je veux ? Effacer mes cicatrices, défaire la douleur, réparer mon âme, une tasse de thé. Mes épaules tressautent, puis je laisse un rire léger s'égarer dans un silence d'amertume. Il me regarde, sa pitié me rend dingue. Tellement dingue. Un éclair de haine traverse mon regard, suivit bien rapidement par celui de la folie. Je cherche la raison, mais cette dernière s'en est allé loin, sous une pluie de sang, échappant à une vague de cadavres. Assez.

Ma main toujours tendue vers elle, je laisse mon corps s'abattre en arrière, comme une guillotine sur sa tête. Mes talons ne touchent plus le toit, et tout mon corps dérape dans les airs. Au final je ne sais toujours pas si je veux vivre ou mourir. Mais maintenant que j'ai fait mon choix, j'espère ne pas le regretter.

Bonjour, je tiens d'abord à te remercier d'avoir lu, n'hésite pas à commenter, j'ai besoin de m'améliorer. D'abord je tiens à préciser que c'est un texte pas très récent, dont quelques morceaux ont dû être utilisé pour d'autres textes avec mon même personnage. Je m'excuse sincèrement pour les fautes d'orthographes. Merci encore.

Yoite.

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