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Colin

Colin
Écrivaillon

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Date de création :
le 5 février 2016, à 14:10

Dernière validation :
le 14 février 2016, à 06:40

Pour Virginie - chapitre 4

L'endroit était repoussant. Le bois des tables était pourri, les murs étaient craquelés de toute part, de la poussière grisâtre tombait du plafond et des insectes déambulaient dans tous les sens, évitant de leur mieux les bottes des clients qui marchaient à pas lourds dans la taverne. Un brouhaha d'injures et de ricanements se faisait entendre jusque dans la rue en face de l'établissement. Des relents de crasse emplissaient la pièce.
Le vieillard était sur le pas de la porte, et à peine eut-il fait un pas en avant qu'il dut s'esquiver pour éviter le crachat d'un homme titubant jusqu'à la sortie. Il observa la clientèle, et préféra montrer le plus de vigueur possible dans sa démarche. Certains ici semblaient attendre de trouver une misérable victime à suivre dehors pour la détrousser, et le voyageur fit tout son possible pour paraître intimidant.
Il traversa la pièce, se faufilant entre les clients qui s'asseyaient où bon leur semblait, si bien qu'il était impossible de passer sans les bousculer. Arrivé au bar, couvert de taches d'huile et d'alcool, il attendit d'avoir l'attention du tavernier. L'homme était gros et portait un long tablier crasseux.
« Qu'est-ce que ce sera pour vous ? »
Le vieillard prononça d'une voix rauque : « Je cherche un forgeron. »
« Si ça se boit pas, tu peux dégager. »
« Vous le connaissez forcément, je parle de Christophe Élégard. Il est célèbre dans toute la ville. Indiquez-moi seulement où il vit. »
« Ça fera une bière. » répondit le tavernier sur un ton agressif.
« Bon... Une bière alors. »
Le breuvage était répugnant. Une sorte de mélasse jaunâtre recouverte d'une mousse plus épaisse que la Bible. Le vieil homme prit quelques gorgées du bout des lèvres, avant d'afficher une moue déconfite. Le tavernier consentit par la suite à lui indiquer l'emplacement de la maison de Christophe Élégard. Une fois qu'il eut les informations nécessaires, le voyageur tourna les talons pendant que son interlocuteur regardait ailleurs. Il n'avait pas d'argent à débourser, du moins pas pour un être si méprisable.

La journée arrivait à son terme, et Christophe était occupé à nettoyer le pont, accompagné de Pierre. L'air était frais. C'était une de ces soirées d'été où le vent effleure délicatement la peau des hommes. Le galion naviguait à présent vers l'est, en direction de la côte française. Le moral de l'équipage était au plus bas. Certains marmonnaient dans leur barbe, contrariés par la tournure qu'avaient pris les événements. La plupart d'entre eux avait tout quitté pour ce voyage. Ils avaient tous eu l'espoir de revenir un jour, couverts de richesses et de gloire. Et ils revenaient couverts de honte.
« Je ne sais plus quoi penser » dit Pierre. « Et si c'était Erik qui avait raison ? Et si nous pouvions semer ces pirates ? »
Christophe n'avait pas dit un mot depuis l'émeute. Il garda le silence.
Le colosse reprit la parole : « J'imagine que ça doit être particulièrement dur pour toi. Il va falloir trouver quelque chose d'autre pour tenir bon. Au moins, tu pourras être aux côtés de ta femme, mais... Qu'est-ce que tu vas faire, une fois de retour ? »
Le jeune homme marmonna enfin : « Du travail... je retrouverai du travail... »
« Quel travail ? Allons, tu sais bien que tu n'as plus rien, plus d'outil, plus de client... et l'amiral est sûrement en colère après toi, tu auras bien du mal à te faire accepter, où que ce soit, après la réputation que tu as laissée derrière toi... »
Tandis que Pierre parlait, Martin Lewis passa derrière eux.
« Monsieur Élégard ? Voulez-vous bien venir dans ma cabine un instant ? J'ai à vous parler. »
Christophe était si médusé que la surprise d'un entretien privé avec le capitaine ne le fit même pas tressaillir. Il le suivit jusqu'à la porte de sa cabine, et les deux hommes pénétrèrent dans la pièce. Le lieu était sobrement meublé. Une simple commode en bois, un bureau, une chaise et une couchette.
« J'imagine que la décision que j'ai prise cette nuit vous contrarie au plus haut point » dit Martin, en s'asseyant à son bureau.
« Vous avez fait le bon choix... Vous ne vouliez pas mettre la vie de tout l'équipage en danger, je comprends que vous préfériez faire demi-tour. »
« Christophe, vous êtes un homme sain d'esprit. Bien plus que la plupart de ceux qui sont à bord de ce navire. Presque tous sont là pour la gloire, la richesse et l'aventure. Je pense que vous êtes le seul à vous être engagé par contrainte.
Cependant, malgré la durée de notre voyage, j'ai eu bien des occasions de constater que vous saviez vous montrer à la hauteur de tout qu'on vous demandait, et je n'ai pas l'intention de vous abandonner à votre sort. Que diriez-vous de repartir vers le nord, à bord de la Judith ? Nous longerions les côtes françaises, afin d'éviter toute attaque, avant de traverser la Manche et de rejoindre l'Angleterre. J'imagine que le San Cruce n'aura pas la patience de nous poursuivre jusque là. Son capitaine s'appelle Yorui Kai. C'est un pirate sanguinaire, qu'on croyait disparu depuis des années, mais apparemment, il avait simplement décidé de se faire oublier pour un moment. Il a la réputation d'être un barbare d'une violence extrême, mais il n'est pas connu pour être patient. Les histoires qu'on conte sur lui ne sont pas alourdies par des scénarios de combats stratégiques. Les victimes de cet homme étaient toujours attaquées dans un concours de circonstance qui menait leur navire à croiser le San Cruce. »
Christophe était touché par l'attention d'un homme d'une telle majesté, et fut envahi par un bien-être apaisant. Cependant, il avait vécu les semaines précédentes dans une telle détresse qu'il s'obligeait à y voir une force du destin. Si le sort voulait qu'il retourne à Lossey, alors il ne ferait que se condamner plus encore à l'échec et à la misère en allant à son encontre.
« Merci, merci beaucoup pour votre considération, ce serait une bénédiction que de voyager plus longtemps avec vous... Je me demande seulement si les événements ne me poussent pas plutôt à retourner auprès de ma femme. »
Martin Lewis fit appel à tout son bon sens en rétorquant : « J’entends que vous soyez poussé par vos sentiments et vos craintes à retrouver celle que vous aimez et qui souffre de votre absence en ce moment-même, mais je suis certain que vous comprenez au plus profond de vous-même le non-sens d'une telle décision. Vous n'avez pas besoin d'argent urgemment, mais vous en avez besoin en grande quantité. En retournant à Lossey, quand bien même vous trouveriez quelque source de revenus, jamais vous ne mettrez la main sur une somme assez importante pour vous sortir, vous et ce médecin, d'une situation de misère qui vous tombera dessus au bout de plusieurs mois. »
Le conflit qui faisait rage au sein-même de Christophe lui fit garder le silence pendant un moment. C'était l'instinct, rongé par la passion, contre la raison. Cette dernière l'emporta enfin lorsque le jeune homme releva la tête pour rencontrer le regard du capitaine.
« Oui, bien sûr. Je vous suivrai jusqu'en Angleterre. »
Le visage de Martin se détendit.
« Vous verrez, le commerce en Europe nous mènera à la richesse. Je connais mon affaire, et je sais que vous ferez votre possible pour que votre participation soit décisive dans notre efficacité. Il a bien fallu que vous ayez un certain talent pour les affaires pour arriver au succès que nous a décrit votre ami Pierre ! »
Le capitaine tendit la main à Christophe, que celui-ci saisit vigoureusement, convaincu que c'était là le chemin du salut qu'il s'apprêtait à emprunter.

L'amiral Saillard trempa sa plume dans l'encrier, puis écrivit sur un papier les noms de plusieurs villes portuaires établies le long de la côte française, auxquelles il s'apprêtait à envoyer un ordre de poursuite. C'est d'une main tremblante, plus d'excitation que de peur, qu'il rédigea celui-ci.

Le navire du nom de San Cruce a été aperçu il y a quatre jours près de la côte, au sud de la ville de Lossey. L'équipage de cette caraque s'est rendu coupable de meurtre, de pillage et de vol à plusieurs reprises dans cinq états différents. Ordre est donné à tous les quartiers de la marine du gouvernement français de partir à sa poursuite.

Armand Saillard, Amiral du Quartier Général de la Marine d'Anémon Le 9 juillet 15**

L'amiral descendit dans les bureaux du bâtiment, puis ordonna que l'on copie le document en plusieurs exemplaires et que l'on y ajoute un croquis de la caraque, décrivant le plus précisément possible celle-ci, après quoi il apposa son sceau sur chaque enveloppe. Plus tard, vers six heures, pendant que plusieurs cavaliers quittaient Lossey, transportant le courrier jusqu'aux villes dénommées, le lieutenant Barraux réunissait des hommes pour former un équipage. Ils partaient le lendemain dès l'aube, sous le commandement d'Armand. Celui-ci frémissait d'impatience, prêt à tout pour prouver sa valeur. Il saisit sa vieille épée, tout en maudissant le forgeron qui n'avait pas accompli son travail.

La nuit tombait. C'était une obscurité qui couvrait la mer, les étoiles ne brillaient pas. Un ciel de nuages les cachait, et une fine pluie s'abattait doucement sur l'océan. Cette nuit-là, le capitaine avait autorisé à tous une nuit de sommeil. La météo s'étant annoncée calme, il avait décidé d'offrir un repos total à l'équipage. Seul, sur la dunette, les doigts glissant sur le gouvernail, il laissait son regard se perdre dans la pénombre. Sans l'apercevoir, il devinait la côte au loin, droit devant lui. L'arrivée à Lossey était prévue pour la nuit du lendemain.
Il affichait un sourire amer. L'attitude d'Erik lui faisait du mal, et avant tout, il la craignait. Cette témérité, c'est une véritable peste... Et je crains qu'elle ne se répande, pensa-t-il. En tant que responsable de la vie de plus d'une centaine d'hommes, jamais il ne s'était permis de perdre son sang-froid. Chaque âme était pour lui un fardeau dont il devait prendre le plus grand soin, et à présent, il était temps de les préserver d'elles-mêmes. Martin sentit soudain le poids du pistolet, pendant à sa ceinture. Jamais il ne l'avait utilisé sur qui que ce soit, et c'était pour lui la plus grande terreur qu'il ne pourrait jamais avoir à vivre. Erik, pour l'amour du ciel, quitte cette folie.

Si le pont était éclairé par quelques lanternes, l'entrepont, quant à lui, était plongé dans le noir. Chaque marin appréciait enfin une longue pause. Le bateau, qui auparavant voguait sur une mer plate, roulait légèrement. On entendait les gouttes, plus grosses alors, tomber lourdement sur le bois du pont du navire.
Dans la pièce, une silhouette s'éleva. Elle évolua dans la pièce, d'un pas de loup, se dirigeant vers un hamac. Philipp dormait à poings fermés. L'ombre l'approcha doucement, jusqu'à se trouver juste à ses côtés. D'un geste net et précis, la bouche du matelot fut couverte par une main et sa gorge fut tranchée par une autre. Un spasme parcourut le corps du matelot et dans un cri étouffé, il s'éteignit à tout jamais.
Le meurtrier nettoya son poignard couvert de sang, le rangea sous sa veste et s'empara alors de la clé argentée accrochée à la ceinture du corps, avant de tourner les talons, pour se rendre jusqu'aux escaliers menant aux cales. Descendant les marches une à une, il se rendait de plus en plus discret, alors que le son de la pluie s'amplifiait encore. Il se rendit au fond de la pièce, jusqu'à se retrouver nez-à-nez avec la porte de la cellule du second. À travers la fenêtre de barreaux, il distingua l'ombre du prisonnier étendu par terre, contre le mur d'en face. La clé rentra dans la serrure, et le mécanisme s'activa. L'homme entrouvrit la porte, puis sortit une lampe à huile avant de l'allumer et de la déposer sur le sol de la petite salle, avec à ses côtés un pistolet et une lettre sur laquelle était inscrite une seule phrase.

Les plus grandes expéditions ne sont pas faites pour être dirigées par des lâches.

Il était deux heures du matin lorsque le vieillard atteignit le petit sentier de gravier menant à la demeure de Christophe. Trempé jusqu'aux os, il se hâta de parcourir le chemin pour aller se réfugier sous un grand saule, à quelques pas de la cour. Il se reposa quelques instants contre le tronc de l'arbre, puis déposa son sac à côté de lui. Il en sortit un pistolet et une épée courte. Alors qu'il était à présent si près de son but, il se sentait plus faible que jamais. Haletant, il dut calmer sa respiration et reprendre ses esprits avant de se lever. Ses mains tremblaient, et des frissons lui parcouraient le corps, alors qu'il avançait pas à pas jusqu'à l'entrée. Il tenta de pousser la poignée, mais la porte ne s'ouvrit pas. Il entreprit alors de faire le tour de la maison. Passant devant chaque fenêtre, il constata qu'il n'y avait là nulle âme qui vive.
Elle n'est donc pas ici... Le médecin doit sûrement la garder auprès d'elle. Le vieillard retourna vers le saule, y déposa ses armes et se saisit d'une torche qu'il alluma aussitôt. Il se rendit vers l'atelier, qu'il contourna sans même se donner la peine d'y entrer. Derrière la petite bâtisse, il y avait une fenêtre carrée, seule, au centre du mur. Il se tint dos à elle, puis fit une dizaine de pas, s'éloignant ainsi de l'atelier. Une rangée de buissons traçait une ligne démarquant la propriété en ce point, et il passa sa main dans les feuillages, desquels il ressortit une grande pelle. On ne m'avait pas trompé, songea-t-il. Il se retourna, puis enfonça le bout en métal dans la terre humide. Il creusa ainsi pendant un certain temps, sous la pluie, jusqu'à ce qu'au bout d'une dizaine de minutes, la pelle cogne une surface dure comme la pierre. Il s'accroupit, tendit sa main vers le trou, puis parvint à saisir une poignée de cuir. Il rassembla alors toutes ses forces, puis il tira. Un grand coffre en bois se dégagea de la terre. L'ouvrage était d'une grande finesse. On percevait l'éclat des joints malgré l'obscurité et la boue qui s’y trouvait. De nombreux motifs de lierres entrelacés parcouraient le bois le long de la fente. Un gros cadenas maintenait le coffre fermé, si bien qu'il était impossible ne fût-ce que de l'entrouvrir.
Le vieil homme sortit de la poche de son pantalon la lettre qu'il avait reçue quelques jours auparavant. Le papier était troué en son coin, et une petite cordelette y était attachée, nouant une clé minuscule. Il arracha l'objet, déchirant la feuille, puis l'introduisit dans la serrure du cadenas, qui s'ouvrit sans résistance. Si le coffre était d'une grande valeur, son contenu n'en était que plus précieux. Seul, dans la nuit, le voyageur découvrit une multitude de pièces toutes plus rutilantes les unes que les autres. Il avait sous les yeux la totalité des économies du jeune forgeron qui habitait les lieux.

Dans l'océan, la pluie s'intensifia soudain, et un vent terrible se leva, propulsant la Judith sur la crête des vagues, toujours plus hautes, toujours plus violentes. Martin Lewis s'agrippait de toutes ses forces au gouvernail, et les matelots, paniqués, surgissaient les uns après les autres sur le pont, dans le tintement assourdissant de la grande cloche. Certains tentaient désespérément de réduire la toile tandis que d'autres, ne trouvant rien pour s'accrocher, perdaient l'équilibre et tombaient lourdement sur le sol. Des ordres se faisaient entendre de toute part sans que nul ne les suive.
Christophe, toujours dans l'entrepont, avait été secoué puis propulsé contre le mur de la pièce. Il était à présent seul, et tentait de gagner les escaliers, mais les mouvements du navire l'empêchaient de se déplacer correctement, alors qu'il n'avait de cesse de se heurter aux murs et au plafond. Jamais il n'avait été confronté à une telle situation, et il brûlait de rage de ne pas pouvoir rejoindre le pont et lutter contre cette tempête qui semblait vouloir leur mort à tous. Alors qu'il se relevait d'une nouvelle chute, il leva les yeux et vit passer un homme juste devant lui, traversant l'entrepont à une vitesse folle. Lorsque celui-ci atteignit les marches pour monter jusqu'au pont, Christophe reconnut l'immense silhouette d'Erik Traus. Le second monta les marches, et on eût dit qu'à chaque pas qu'il faisait, il voulait briser l'escalier de bois. Juste avant qu'il ne disparaisse du champ de vision du jeune homme, celui-ci put distinguer dans la main gauche du colosse un pistolet.
Sur le pont, l'agitation était à son comble. Les cris de terreurs des matelots secoués résonnaient dans l'enfer de la tempête. Certains allaient s'écraser contre les bastingages, tandis que l'un deux s'envola par-dessus bord pour être avalé par les flots dévorants. Au milieu de toute cette horreur, un seul homme montrait l'assurance de celui qui n'a pas peur pour sa vie. Le second progressait lentement sur le galion, s'agrippant aux cordages et aux mâts, et son regard féroce était dirigé droit vers la dunette. Il semblait faire fi du carnage, comme s'il vivait dans un monde où son objectif était sa seule réalité. À travers le rideau de pluie qui le séparait de l'arrière du navire, il fixait la silhouette de son capitaine, aux prises avec le gouvernail. Si sa peau était glacée, trempée par une pluie froide et un vent mordant, son cœur brûlait d'une rage incontrôlable. Chacun de ses pas le rapprochait de Martin, jusqu'à ce qu'il monte une à une les marches de la dunette, indifférent aux secousses qui n'avaient de cesse de jeter l'équipage dans l'effroi. Il surgit soudain à côté du gouvernail, puis tendit le bras devant lui.
Le capitaine, lorsqu'il aperçut le canon de l'arme pointé sur lui, ne sut comment réagir. Le chaos régnait sur son navire, ses hommes luttaient contre la colère de l'océan, et lui-même, à présent, se voyait menacé par un nouveau fléau. Il reconnut son second, puis cria, d'une voix désespérément faible : « Erik ! Pour l'amour de Dieu, qu'est-ce que tu fais ? »
« L'amour de Dieu ? Vous l'avez perdu dès le moment où vous avez tourné le dos à votre destin. Il semble qu'aujourd'hui, il n'ait pour vous plus le moindre égard » répondit Erik, sur un ton glacial. Le doux géant au nez rouge s'était transformé en un monstre sans âme, dont les yeux ne reflétaient plus qu'une envie de meurtre.
« Si tu veux rendre des comptes, patiente et commence par m'aider à nous sortir de là ! » Le petit homme parlait tout en faisant d'immenses efforts pour maîtriser le gouvernail.
« Ne vous inquiétez pas, je vais tout faire pour nous sauver » répondit Erik.
« Je savais que tu saurais faire preuve de bon sens ! Prends la barre, tu es plus fort que moi ! Je vais m'occuper des voiles, je compte sur toi. »
Martin Lewis prononça ces mots, lâcha prise, puis tourna le dos à son second pour rejoindre le pont. Alors qu'il levait le pied, il entendit une détonation, sentit un violent impact, puis une brûlure intense dans le dos. À ce moment précis, il aurait voulu parler. Il aurait voulu comprendre quel mal rongeait Erik. Aucun son ne sortit de sa bouche. Son regard se porta une dernière fois droit devant lui, vers la mer déchaînée, puis il s'écroula sur le sol de la Judith. Erik rangea le pistolet et prit la barre. L'Amérique lui tendait les bras.
Sur le pont, aucun matelot ne vit la scène. Tout le monde était bien trop préoccupé par son propre sort pour porter son attention ailleurs. Tout le monde, sauf un homme, qui avait tout observé du début à la fin, un sourire satisfait aux lèvres.

Commentaires
1361

Colin, le 29 février 2016, à 08:56 :

Haha merci encore, j'apprécie ton suivi !

1359

Douj, le 28 février 2016, à 20:35 :

Encore un petit commentaire d'encouragement, c'est à chaque fois un délice pour les pa...euh...pupilles !


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