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Wandering Star

Wandering Star
Écrivaillon

Classé dans Nouvelle
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Date de création :
le 26 janvier 2016, à 19:48

Dernière validation :
le 10 février 2016, à 07:49

De ceux qui n'arrivent pas au bon moment.

… Et un jour, ma vie prit un tournant inattendu.
Encore. Elle semble incroyable, ma vie, quand je la raconte à ceux qui ont suivi le modèle classique. Une fiction.
La vérité, c’est que je passe mon temps à partir.
A quitter.

Et alors que je me sentais finalement chez moi, qu’il m’apportait un équilibre et une stabilité rassurante, ma vie prit un tournant inattendu. Alors que j’avais embrassé ma personnalité socialement maladroite, de nouveaux amis apparurent. Des types extraordinaires.
C’était comme être au lycée, au sein d’un groupe de gens peu populaires mais tellement cools.
C’était être capable d’être moi-même sans retenue sans être chez moi, et sans être avec celui qui partage ma vie.
J’ai eu l’impression de le tromper. Coupable de ressentir un bonheur exaltant qu’il ne pouvait partager.
Et je me suis rendue compte que j’étais une fille, malgré tout. Je me suis haïe pour ça. Parce que des idées naissaient dans leur tête, parce que je n’avais pas l’habitude d’en être le sujet, parce que quelque part, malgré ma sainte horreur de ma propre apparence et le peu d’efforts fournis pour tenter de me plaire à moi-même, je me suis sentie flattée.
Privilégiée.
S’ils savaient, seulement. Que j’aime tout le monde à cœur ouvert et que ça me blesse, ça me blesse tellement de leur dire non, ça me blesse tellement de les voir prendre leurs distances après ça.
S’ils savaient qu’ils n’ont rien à gagner à m’avoir dans leurs bras. Qu’être plus proche de moi signifie voir les cicatrices sous mon rire et mon absurdité. Voir l’angoisse me mettre à terre, fœtale, fermée dans un silence assourdissant. Voir mes blessures fraîches, pansées, parsemer ce corps que de toute manière je n’aime pas que l’on touche.
C’est voir l’horreur cachée par mes vêtements et cette armure que forme ma peau.
Je ne veux pas qu’ils me désirent.
Je ne veux pas les détruire.

Alors je me répète qu’ils sont arrivés dans ma vie au mauvais moment. Et une certaine mélancolie m’envahit alors qu’il s’envole, je vois son sourire et ses larges épaules, ses mains trop grandes, et il me manque déjà.

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