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Parme Audrey

Parme Audrey
Écrivaillon

Classé dans Véridique
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Date de création :
le 1 janvier 2016, à 16:41

Dernière validation :
le 18 janvier 2016, à 19:32

Durestal

25 Octobre 2015, Durestal

Nous sommes en octobre 2015. Les feuilles des arbres s’apprêtent à rendre leurs âmes en offrant aux visiteurs le dernier spectacle coloré, émerveillant les yeux des admirateurs de l’Automne.

La veille, la pluie ne cessait de tomber, laissant pour trace de son passage des petites gouttelettes en équilibres sur les branches des arbres déshabillés lentement de leur feuillage. Une odeur agréable d’herbe mouillée vient enivrer de son subtil parfum mes narines en alertes. Les champignons et les châtaignes ne sont pas bien loin et c’est avec entrain que je m’introduis au cœur du camp de maquis situé à Durestal.

Bien que je connaisse déjà le campement, je ressens à chacune de mes visites la même sensation, la même émotion. Un mélange de bien-être en ces lieux reposants, mais également de profond respect pour tous les maquisards qui vécurent durement dans ce camp perdu dans les bois de la commune de Cendrieux et exclu de la civilisation.

En entrant dans le site, le premier élément qui m’interpelle et la stèle édifiée en l’honneur de ces vaillants résistants, signe de leur participation et de leur courage face à l’ennemi qui n’était jamais bien loin.

Ensuite à ma droite et à quelques mètres de la stèle, je découvre les marches d’un escalier en bois conduisant au lavoir complètement asséché, noyé dans la boue et enseveli de feuilles mortes camouflant discrètement, ce qui fut jadis, un point d’eau qui servait aux hommes pour se rafraîchir et laver leur linge.

En empruntant les petits chemins, je me dirige doucement, mais surement vers les mystères du campement accompagnée de craquements de branches d’arbres et des châtaignes tombant comme des bombes à seulement quelques pas de mon passage. Sursautant de temps à autre par surprise, je poursuis la visite jusqu’à mon prochain arrêt : le dortoir.

Le Dortoir est constitué de trois cabanes bâties de branches de châtaigner recourbées et recouvertes de feuillards. Au centre du dortoir, j’aperçois les cendres d’un feu de camp. Et soudain, la magie opère. Comme dans un film tourné dans ces lieux chargés d’histoires, j’imagine quelques hommes dormant dans le froid sur un sol vêtu de fougères emmitouflés dans des couvertures de récupération à l’abri dans les cabanes. Les autres se réchauffent les mains près d’un feu, l’œil aux aguets et les armes à leur portée. Jamais l’âme tranquille, vivant toujours dans l’insécurité d’être attaqués. Une vie loin d’être paisible pour ces résistants.

Même si l’imagination est très fertile, personne ne peut comprendre véritablement les conditions précaires dans lesquelles ces hommes ont dû apprendre à vivre au quotidien et s’accoutumer par obligation. Nous qui sommes tellement habitués à notre petit confort personnel, serions-nous capables de vivre ainsi ? Serions-nous aussi courageux que les maquisards de Durestal ? …

Après mes sages réflexions, je m’avance lentement vers la cabane qui servait de cantine. Quelques ustensiles de cuisine d’époque animent le secteur et replongent les visiteurs dans les tourments de la guerre.

Un peu plus loin, siège le poste de commandement. Une vieille machine à écrire repose sur la table en bois. Au fond de la cabane se dissimule un lit recouvert d’une couverture. Je peux entendre au loin un homme tapotant sur les touches de la machine, finissant peut-être d’écrire une missive ou un rapport. Bref, quelque chose d’important !

Au cours de ma visite, j’arrive devant l’armurerie ingénieusement camouflée sous la terre et de feuilles mortes. L’entrée sombre déguise un antre un peu profond renfermant tout l’armement militaire des résistants.

En redescendant du parcours, une petite cabane construite avec du bois et de la tôle ondulée, égarée au centre d’une clôture dressée par des piquets de bois et du fil barbelé, attire la curiosité des visiteurs. Une porte en bois scellée par une solide serrure protège la prison qui domine le secteur. La rudesse de cet endroit saisit au premier abord. La vision d’une prison n’est jamais agréable pour quiconque. On imagine des tas de films, des gens enfermés à l’intérieur et toutes sortes de choses qu’on préférait ne pas y songer. Une certaine froideur se dégage à proximité de celle-ci et personnellement, c’est l’un des endroits du campement qui me dérange le plus, mais pas autant que la prochaine étape de ce parcours. Celle qui glace le sang : les tombes.

Que dire des tombes ? C’est difficile ! En fait, chacun ressent cet endroit à sa manière. L’ambiance est pesante et indescriptible. Je dirais simplement qu’il faut se rendre sur les lieux pour se faire sa propre opinion, ressentir ses propres sentiments, car pour des personnes sensibles, la vision de ces tombes peut perturber les plus jeunes et les plus craintifs et puis, quand on connaît l’histoire du campement et bien cela change la façon de percevoir les lieux. C’est sombre tout comme cette guerre !

Pour finir, je termine avec l’abri qui est normalement le passage primordial afin de commencer le grand parcours. Cet abri propose des informations sur le site, l’historique instructif permettant aux gens de se mettre dans les conditions adéquates avant d’entreprendre leur aventure, ainsi que des lettres et des photos d’antan apportant des renseignements supplémentaires aux passionnés du site.

Assise sur un banc avoisinant les tombes, j’aperçois au loin le drapeau français emporté par le vent et exhibant dignement les couleurs de notre nation. Même si je n’ai pas toujours des pensées patriotiques, je reconnais que nous pouvons tous être fiers et reconnaissants devant ces hommes qui se sont battus au nom de la liberté, de notre liberté. Celle qui n’a pas de prix, mais qui engendre bien des conflits ! La fin de mon aventure s’achève sur cette dernière image, un brin mélancolique, car derrière moi se cache un endroit isolé dans les bois, mais qui fut le théâtre d’une page de notre histoire et perdurera peut-être dans les années à venir. Je n’ai que trois mots à ajouter : respect aux maquisards.

Copyright 25 octobre 2015 par Audrey-Parme Estevant

Pour vous faire une idée du camp de Maquis de Durestal, voici mon site :http://blackangelus70.wix.com/audrey-parme#!durestal-site-historique/ciro

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