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alexandrachaput

alexandrachaput
Nouvel écrivain

Classé dans Essai
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Date de création :
le 27 septembre 2015, à 19:56

Dernière validation :
le 1 octobre 2015, à 16:14

Perdre espoir

J’ai perdu tout espoir.
Je sais ce que tu me répondrais, si tu étais là, en face de moi : « L’espoir fait vivre, ne l’oublie jamais ma jolie. ». L’espoir fait vivre, l’espoir fait vivre … Moi je pense surtout que l’espoir ne sert qu’à nous endormir. Nous endormir face à la violence des jours qui passent, face à l’horrible vérité qu’on ne veut pas regarder en face. J’ai lutté pourtant, je te le promets, j’ai tenté de garder les yeux fermés et de me persuader que tout était parfait. J’ai espéré même, oui, j’ai espéré, tellement fort que j’ai failli en crever. J’avais des rêves, j’avais des projets. J’avais envie de mettre le monde à mes pieds, de décrocher la lune, de soulever des montagnes, j’avais de l’ambition, j’avais la gagne. A deux, tout me paraissait encore plus réalisable, puisque quoi qu’il ait pu nous arriver, on aurait pu s’épauler. Se rassurer. Se relever. S’aimer. Continuer d’espérer.
Et puis le cauchemar a commencé, mais tu sais, je me mentais, j’espérais. J’espérais que tu changes, que tes paroles ne soient pas là que pour donner le change. Des années de coups et de trahisons, des années de promesses et de retours en arrière. Des années de souffrances en silence, des années d’espérances gardées sous silence.
Tu m’as souvent promis de changer, promis que c’était terminé. Un coup de Trafalgar, un coup de moins bien, synonyme d’un coup de plus pour moi. J’ai encaissé tout ce que j’ai pu, j’ai caché tout comme j’ai pu. Le sourire de façade pour que les autres ne s’inquiètent pas, le sourire illusoire pour qu’on ne nous sépare pas. Parce que malgré tout ça, j’espérais, oui j’espérais que ce soit ta façon à toi de me montrer que tu m’aimais, que pour toi, les coups étaient plus faciles à donner que les mots que j’espérais un jour entendre de ta bouche, plus facile à donner que les caresses que j’espérais sentir de tes mains quand tu me touches.
Ce matin, tu es parti, sans même un regard en arrière. Je suis étendue par terre, tout mon corps me fait mal. Tu as explosé ce matin, d’une manière totalement nouvelle, totalement superbe. C’était d’une telle beauté, je crois bien que tu essayais de me dire que tu m’aimais. Je ne me souviens de rien, je ne revois que deux ombres s’enlaçant dans une danse macabre. Toi, si beau, si fier, qui bat la mesure au rythme de tes coups, et moi, si fragile, si pathétique, n’arrivant pas à suivre tes pas car ne restant pas debout. Et puis soudain, la note finale. D’habitude, quand tu portes le coup de grâce, tu as toujours un mot tendre pour moi, une dernière attention avant de t’en aller je ne sais où. Quand tu reviens, la piste est nette et la danseuse, bien que chancelante sur ses petites jambes, prête à t’accorder une nouvelle danse.
Pourtant aujourd’hui, tu es parti et tu ne m’as pas souri. Et c’est là que j’ai compris. Tu ne changeras jamais. Je suis vouée à danser toute ma vie sur la même mélodie, sur l’harmonie de tes poings qui battent mon corps déjà meurtri. C’est à cet instant que j’ai perdu tout espoir. Et tu sais quoi ? J’ai même perdu l’espoir d’un jour retrouver espoir.

Commentaires
1331

Olipa, le 9 décembre 2015, à 10:39 :

Très beau et dur à la fois. J'aime beaucoup le stye

1311

Douj, le 18 octobre 2015, à 20:32 :

Un thème toujours touchant. L'amour passionné n'est-il pas une forme de désespoir ? En tout cas, j'aime beaucoup ton style.


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