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Stansfield

Stansfield
Habitué des lettres

Classé dans Nouvelle
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Date de création :
le 20 juillet 2015, à 21:07

Dernière validation :
le 30 juillet 2015, à 16:10

Renaissance

Lundi 10 Octobre 1994. 20H12. Quelqu'un sonna à la porte de l'asile. En ouvrant la porte, je découvris avec stupeur un agent de police, suivi d'un jeune garçon, le regard effrayé, presque fou. Il se cachait derrière la jambe de l'agent. Ce garçon, à première vue, âgé de 6 ans, cheveux châtains, yeux verts clairs. Je ne compris pas tout de suite, et fis entrer le policier. D'un signe de la main, il demanda au garçon de s’asseoir. Nous allâmes dans mon bureau, une grande pièce, avec une fenêtre gigantesque, donnant sur la salle de repos des patients, que je puisse les surveiller sans crainte. L'officier se mit assis sur le siège face au mien, nous séparant de mon bureau. Il prit la parole :

- Monsieur Kribs, je vous emmène aujourd'hui ce garçon .. Il a vécu une épreuve plus que terrible, que je tairais, secret d'enquête … Ce que vous devez savoir, c'est qu'il est maintenant orphelin. Un tragique événement.. Dont je ne pense pas qu'il se remettra. Il ne parle plus, et, sous l'effet du choc, je ne pense pas qu'il va se souvenir de ce qui c'est passé ce soir. Il s'appelle Jordy Mills, né le 17 mars 1989 à Kansas City. Il vivait au 421 Harrison Street, et je souhaite que vous vous occupiez personnellement de son cas, car je vous sais le meilleur.


- Bien entendu officier. Il va y avoir du travail avant de le remettre sur pied, rien qu'en le regardant, on remarque déjà que la folie l'atteint. Pauvre enfant .. Si jeune. Je vais faire de mon mieux, mais ne vous garantie rien. Il pourrait rester ici jusqu'à la fin de sa vie, vous savez. Je ne connais pas le drame qu'il y a eu … Prenez un mouchoir Barry...

L'homme ne refusa pas, et se mit à fondre en larme. Le choc avait dû être terrible pour ce policier. Je le connaissais depuis maintenant cinq ans, et ce n'était pas la première personne qu'il me ramenais. Mais jamais un enfant. On le connaissait pour son cœur de pierre, toujours de marbre avec tout le monde. Je ne l'avais jamais vu dans cet état. Je ne pouvais imaginer ce qu'il avait vécu ce soir là... Certainement la pire affaire de sa carrière. Et pourtant, il en avait vu des mochetés. Il rangea le mouchoir dans sa poche, et se leva.

- Merci monsieur Kribs, je dois y aller. Je vous recontacterai prochainement pour savoir où en est Jordy dans ses progrès. Je vous dis au revoir
Au revoir officier, à bientôt dans ce cas.


Il partit sans se retourner, sans même regarder l'enfant. Puis la porte se referma sur lui, me laissant seul avec ce garçon, ne sachant que faire, par quoi commencer. Je lui adressa donc la parole :

- Bonsoir Jordy, je sais que tu ne me répondra pas, mais j'ai dans l'espoir que tu m'écoutes. Je suis Tristan Kribs, j'ai 30 ans. Je suis là pour t'aider, tu n'as pas à avoir peur de moi. Tu es en sécurité ici, tu n'as plus rien à craindre maintenant.
….


Le garçon me serra contre lui, se fût ma seule réponse. Je fut dérouté. Je monta l'enfant dans une chambre bleue, une pièce spéciale pour les enfants, je l'avais décorée moi même, car toutes les autres chambres de l’hôpital étaient froides, sans âmes, sans vie. Je voulais qu'il se sente bien, comme chez lui. Même si ce ne sera jamais chez lui, il n'ira jamais bien. Je le mis au lit, et laissa filer la nuit. Je passa le relais au médecin de nuit, et lui expliqua la situation. Je pris ma voiture et rentra chez moi. Je ne voulais plus qu'une chose, me coucher. J'avais une boule de tristesse en moi, j'étais mal pour ce garçon. Le lendemain, et ce pour trois semaines, je ne lus aucuns journaux, ne regarda pas une seule fois les informations. Je ne voulais pas savoir ce qui était arrivé au garçon, je gardais espoir qu'un jour, il me dirait tout...

Un mois s'écoula. Jordy continuait de rester seul, dans ses pensées, au fond de la pièce de repos, ne s'approchant jamais des autres patients, les évitant autant qu'il le pouvait. Il n'avait pas dit un mot depuis son entrée. Je lui accordais une séance de deux heures par jours, bien plus que tous les autres patients. Mais jamais il n'ouvra la bouche, le silence absolue. J'avais toujours la radio lors de mes séances. Un jour, lors d'une de mes séances spécialisées pour lui, la chanson The Sound Of Silence passa. Jordy réagit alors. Sans pour autant parler, mais la chanson le faisait réagir. En bien ou en mal, je ne le savais pas. Depuis ce jour, je passais cette musique en boucle lors de ces consultations.


Quelques mois plus tard, j'appris avec regret que l'officier qui m'avait emmener Jordy, c'était suicidé au suite de cette affaire. Je reçus deux jours après ce tragique événement une lettre de cet homme, me disant qu'il était désolé. Il ne m'avait jamais appelé.


17 mars 1999, jour de l'anniversaire de Jordy pour ces dix ans. Nous lui avions préparés une grande fête. Mais, même après cinq année dans l'hôpital, il n'avait toujours pas décroché un mot. Il resta dans sa chambre ce jour, devant la fenêtre, il ne voulait pas sortir. L'enfant avait toujours aussi peur des autres. Le regard vide, sans âme, sans émotions, il ne changeait pas. Nos séances me paraissait de plus en plus longues, la même musique toujours en boucle, la même lueur dans ses yeux qu'au premier jour.

20 Juillet 2015. De nos jours. Il s'était écoulé 21 ans depuis le jour où Barry m'avait amené Jordy, âgé aujourd'hui de 26 ans. En 21 ans, le jeune homme n'avait pas décrocher un mot, avait toujours ce regard vide, sans émotions. Il ne sortait plus de sa chambre, seulement pour venir dans mon bureau, a écouter cette chanson pendant deux heures en boucle, en silence. Rien, il ne se passait rien. J'avais 51 ans, et commençais à me lasser, je n'avais rien pu pour lui, avait tout essayé. Il n'était pas sorti de l'hôpital depuis son arrivé. Aujourd'hui, tout changea. A peine assis, la chanson commencé, il commença à me parler :

- Docteur Kribs … Je .. Je me souviens de tout.. Ca fait mal. Je souffre … Pourquoi tant d'horreurs me reviennent subitement ? Je suis perdu ..


Je fut stupéfaits. Il me parla, comme si il le faisait il y a 21 ans, comme si il venait d'arriver. Comme si tout ce temps, il ne s'était écoulé qu'une journée.

- Quel jour sommes-nous Jordy ? C'est important que tu me répondes.

- Nous sommes mardi 11 Octobre.

- Quelle année ?

- 1994.

- Comment t'appelles-tu ?

- Jordy, docteur.

- Bien. Quel âge as-tu ?

- J'ai 5 ans, je suis arrivé hier monsieur, j'ai peur.. Il c'est passé des choses horribles hier docteur, j'ai peur qu'ils reviennent …

- « Ils » ne reviendront pas, fait moi confiance.

- Pourquoi ils ont fait ça …

- Fait quoi ?

- J'étais dans le placard, c'est maman qui m'a dit de me cacher... Puis les méchants monsieur sont arrivés ..

- Combien étaient-ils Jordy ?

- Deux …

- Te rappelles-tu ce qu'ils ont fait ?

- Oui, j'ai tout vu, ils étaient dans la chambre de ma maman et de mon papa... Maman pleurait …

- Raconte moi tout, cela va être difficile, très difficile, mais c'est important pour te guérir Jordy …

- Ils.. Ils ont attachés mon papa … Et commencer à faire du mal à maman … Ils lui ont enlevés ses vêtements, et commencés à lui faire des choses … Elle criait, elle pleurait … J'essayais de ne pas écouter … J'essayais de me rappeler la chanson … Celle qui passe en ce moment … Mais c'était trop dur … Ils obligeaient papa à regarder, ils frappaient maman, elle hurlait ...Puis, un troisième homme est arrivé.. Avec.. Avec un objet très bruyant … Une scie électrique … Il a repoussé les deux autres monsieur, et a commencé à les couper... Il y avait du liquide rouge partout .. Puis papa c'est détaché.. Et a voulu s'en prendre au monsieur avec sa scie .. Mais le monsieur a faire du mal à mon papa. Je … Je ne veux pas me souvenir, arrêté docteur, ça fait mal … Je.. Je ne veux pas ..

- C'est … C'est important Jordy .. Raconte moi la suite ..

- La .. La tête de mon papa a roulée contre le placard .. J'ai crié … Le méchant monsieur a ouvert le placard, il était plein de liquide rouge.. Il m'a fait sortir de la chambre, mais sans fermer la porte .. Je n'ai pas pu fermer les yeux … Il a sorti un pistolet .. Puis a tirer dans la tête de ma maman … Et il a tiré dans sa tête … J'ai couru vers ma maman, je pleurais, je l'ai prise contre moi, la suppliant de se réveiller … Puis .. Je ne sais pas combien de temps après .. Un policier m'a enlevé à ma maman … M'a emmené chez la madame à côté, qui c'est occupée de me laver et de me changer mes habits .. Puis un autre policier est venu me récupérer … Et je suis arrivé ici ..

- C'est très bien Jordy .. Attends moi ici, je .. Je reviens.


Je sortis de la pièce, et éclata en sanglots. Je ne pensais pas que cela aurait pu être si horrible … Je me promis de m'occuper du jeune homme jusqu'à ma retraite …


Il s'écoula quinze années avant ma retraire. Jordy était resté bloqué dans cette pensée, croyant qu'il avait encore 5 ans, que c'était toujours le lendemain du drame. Se remémorant encore et encore les événements … Et ce fût ainsi jusqu'à sa mort. Personne n'avait à subir ça. Je compris aussi pourquoi Barry c'était tué. Et on ne pouvait lui en vouloir. Lorsque je sortis pour la dernière fois de cet hôpital, je pris mes valises et partit loin de Kansas City, je ne voulais plus retourner ici.

Commentaires
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Pepito, le 11 décembre 2015, à 16:36 :

Bonjour Stanfield,

Forme : beaucoup de maladresses.
"se mit assis sur le siège" > "s'assit" c'est si simple, si, si ! ;=)
"nous séparant de mon bureau" > séparé par le bureau
"Il a vécu une épreuve plus que terrible, que je tairais, secret d'enquête … " un toubib, surtout psy, est soumis au secret pro
Comment soigner si on sait pas ?!
"on remarque déjà que la folie l'atteint." et grec ? ;=)

Bon, j’arrête là.

Bonne continuation.

Pepito


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