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Peok

Peok
Écrivaillon

Classé dans Nouvelle
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Date de création :
le 2 juin 2015, à 15:02

Dernière validation :
le 4 juin 2015, à 14:48

My Lady

La maison était silencieuse. Seul le bruit régulier de la pendule du salon se faisait entendre. Un homme, grand mais paraissant fatigué traversa le couloir. Il entra dans la salle de bains.
Debout devant le miroir, il coiffait ses cheveux blancs. Ses mains usées de travailleur ajustaient sa veste de costume grise et serraient la ceinture sur son jean. Puis, il mit un peu de parfum, comme à chaque fois qu'il allait la voir.

C'était une belle journée d'été. Le soleil était au plus haut dans le ciel, il faisait chaud. Il était venu la voir. Tel un jeune homme, avec un beau bouquet de vingt roses blanches. « Mes préférées ! », se rappelait-il. Il s'assit à côté d'elle, et commença à lui parler.

« Il fait beau, hein ? Je t'ai apporté ce bouquet de roses. »

Il marqua une pause. La légère brise qui soufflait le rafraîchissait. Dans ce silence, on entendait que les oiseaux chanter d'un air joyeux, ou le vent qui jouait avec les branches des arbres.

« Je sais que tu ne voulais pas que je vienne trop souvent, mais j'ai besoin de te voir. Tu sais, aujourd'hui c'est un jour un peu particulier. Ça fait vingt ans. »

Il tourna sa tête pour la regarder, belle comme elle était. Il lui souriait tristement.

« Je sais que tu m'aimais. Je me rappelle quand tu venais me chercher au travail avec ta jolie robe rouge. Quand on allait courir ensemble le dimanche matin. Quand on dormait sous la tente à la montagne l'été. Quand on passait des soirées au coin du feu. En fait, ces moments de bonheur, s'ils sont inoubliables pour moi c'est tout simplement parce que tu étais à mes côtés. Parce qu'on riait ensemble, ou que tout simplement on partageait un simple sourire, silencieux, qui voulait tout dire pour nous. »

Encore une fois, il laissa passer quelques minutes de silence. Il en avait l'habitude. Parfois, quand il venait la voir avec ses enfants, ils profitaient des instants de silence de leur père pour parler à leur tour.

« Je voulais te dire que je t'aime toujours. Chaque jour, chaque seconde, je pense à toi. Tu m'avais dit de continuer de mon côté, normalement. Alors c'est ce que je fais. Mais pas sans penser à toi. »

Vingt ans. Oui, vingt ans qu'il l'avait aimé après ça. Vingt ans qu'il rêvait tous les soirs de l'embrasser. Le vieil homme, qui n'avait pu retenir une larme, se releva difficilement, laissant le bouquet de roses à côté de sa photo, sur la plaque de marbre.

Commentaires
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Bludzee, le 6 août 2015, à 00:23 :

C'est joliment écrit ! Très simple et très efficace.
Merci ! De belles images ont remontées mon esprit !
Mais si je puis me permettre, je trouve que la chute est malheureusement trop prévisible. j'ai compris directement après les roses blanches. C'est dommage, l'idée est sympathique.


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