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Mustache

Mustache
Fantôme

Classé dans Nouvelle
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Date de création :
le 23 février 2015, à 21:04

Dernière validation :
le 23 février 2015, à 21:06

Redondance

En se baladant dans l'une ou l'autre ville il peut arriver de tomber sur une foire ou un marché aux puces, et, avec un peu de chance, sur un stand proposant des livres d'occasion. Ces livres dont personne - ou du moins leur propriétaire - ne veut sont là, mélancoliques, en l'attente d'une quelconque caresse d'un passant, languissant d'un jour se voir tourner leurs pages de nouveau.

Cette vision donne à réfléchir. Quelle est la place du livre - le vrai, pas l'ebook - dans notre société actuelle ? Face notamment aux médias modernes comme Internet ou les Jeux Vidéos, le livre a-t-il encore un avenir ? Notez que cette question a déjà été traitée par des gens avec davantage de compétences que votre serviteur, mais je vais tout de même tenter d'exposer un avis.

Il est souvent reproché que la génération "jeune" (les années 90-2000) lit de moins en moins. Le cliché persistant veut que le "jeune" préfère amplement s'affaler devant la télévision, s'exciter devant un jeu vidéo, ou pire, perdre du temps sur les Internets mondiaux. Ainsi l'on avance l'argument que tout ce temps dépensé à faire autre chose, on ne le passerait pas à lire.

Cependant, réfléchissons un instant. Est-il possible de "lire" de moins en moins, tandis que l'on consomme statistiquement davantage d'information chaque année ? Lorsque l'on souhaite connaître une histoire, lorsque l'on souhaite apprendre, lorsque l'on souhaite trouver son chemin, connaître les paroles d'une chanson, obtenir de l'information, pour la grande, grande majorité des cas, il nous faut lire. C'est inévitable !

Ainsi donc, peut-être le véritable questionnement n'est-il pas forcément que l'on lise moins, mais que l'on lise différemment - notamment sur d'autres médias. Prenons par exemple les jeux vidéos, dits "jeux de rôles" qui essayent souvent de mettre en avant une histoire développée, nécessitant un temps de lecture loin d'être nul afin de la comprendre. Prenons encore par exemple les ebooks, dont les ventes augmentent au fur et à mesure, à l'instar des livres du Visiteur du Futur pour ne citer qu'eux, arrivés en tête des ventes sur iTunes à leur sortie.

La lecture est un outil qui continue d'être utilisé, malgré tout ce que l'on pourrait dire à son sujet. La véritable question qui se devrait d'être traitée serait de savoir si la lecture continuera à être utilisée pour lire des livres, en support papier. Avec l'avènement des ebooks, la lecture sur papier relève pour certains de plus en plus de l'ordre de l'époque médiévale qu'autre chose. Il suffit de se rendre sur l'un ou l'autre forum pour constater que la présence des lecteurs régresse de jours en jours, avec nombre de topics à propos de la haine des livres - particulièrement scolaires, il en va sans dire - ou plus sobrement de l'interrogation quant à leur existence. Le livre semble démodé, hors du temps, plus du tout en phase avec son époque...

Et pourtant... En France et au Québec, la vente des livres n'est pas en recul ; au contraire, certaines librairies enregistrent des augmentations, minimes mais présentes, de la vente de livres. Malgré des affaires de plus en plus courantes de librairies en faillites, d'autres s'en sortent relativement correctement.

Le livre, bien que d'après certains supplanté par les autres médias, est bel et bien là pour rester. Vecteur universel d'informations, véritable machine à exciter l'imaginaire, il est depuis son invention jusqu'à nos jours un moyen pour s'échanger des informations. C'est par lui qu'historiquement les avancées scientifiques et philosophiques se sont faites, il a été bien souvent la cause de remous - et bien souvent il a été attaqué pour cela !

Avec l'avènement d'Internet, la recherche d'informations est certes plus rapide que jamais, et au lieu de devoir réaliser des recherches manuelles pour obtenir une information, "Internet cherche pour nous" d'après les dires de certains ; cela est vrai. Il nous est plus facile d'obtenir l'information de nos jours, sans pour autant bouger de son fauteuil. Mais il faut avouer que cette information est souvent accompagnée d'éléments dont nous n'avions pas besoin jusqu'à maintenant, avec maintes publicités et détournements d’attention - ne citons que les réseaux sociaux, grands chronophages devant l’Éternel. L'information est bien souvent polluée, et dans une ère où la vitesse est la valeur clé, une information est très vite balayée avec une autre.

Nous ne prenons plus le temps de nous poser, d'attraper un livre et de prendre le temps d'en appréhender le contenu. Peut-être même ne prenons plus le temps de rêver. Je pense que le livre a ceci de formidable par rapport à d’autres œuvres dites visuelles (peinture, cinématographie, jeu vidéo) qu’elle permet au lecteur de se faire une propre interprétation, une représentation (littéralement une seconde présentation) de ce que l’auteur a voulu transmettre, et ce en utilisant des éléments de son propre vécu ou de son propre imaginaire. Le livre servirait de catalyseur pour le lecteur, et lui permettrait ainsi de s’évader au travers des mots – mais de s’évader avec lui-même, par lui-même, a contrario de la télévision, par exemple, ou le contenu nous est bien souvent servi prédigéré.

Certes l’on pourrait retourner comme argument que d’autres médias, comme le jeu vidéo ou le film, permettent également de faire travailler l’imagination, et parfois même de s’identifier aux personnages. Mais il s’agit là d’arts graphiques, offrant au spectateur – à l’acteur, dans certains cas – une vision définie du personnage. Si je vous propose de penser à Dark Vador, une vision universelle va apparaître dans votre esprit. Si je vous propose cependant de penser à Jean Valjean, là, cependant, en fonction de ce que vous savez de lui, des représentations de sa personne que vous aurez observé, ou encore de ce que vous projetez sur lui, la vision ne sera pas la même.

Quid des ebooks, par ailleurs ? Ces fameux « livres virtuels » disponibles soit sur supports spécialisés, soit sur ordinateurs ou tablettes ? Les ebooks offrent cet avantage d’être disponibles partout, en tout temps, de ne pas prendre de place et d’être peu chers. Quand bien même tous ces avantages seraient charmeurs, il n’en reste pas moins qu’un ebook est une copie d’un livre disponible uniquement s’il nous reste de l’électricité… Alors qu’un livre papier, avec son odeur particulière, ne risque pas de tomber en panne, non plus de tomber en peine s’il tombe tout court !

Le livre restera encore longtemps vivant, et ce grâce à nous, ses fidèles, fiers de les acquérir au détour d’un stand de vieux livres !

Commentaires
1274

Mustache, le 7 mars 2015, à 23:01 :

Je suis content de constater que je ne suis pas le seul à penser ainsi ^_^
Merci pour les fautes, par ailleurs !

1273

Alizée, le 4 mars 2015, à 16:44 :

Je suis d'accord avec ce que vous dites ici, surtout en ce qui concerne les ebooks. L'odeur est pour moi quelque chose de très important pour un livre, et la sensation physique que l'on a en le touchant aussi. Mais ces choses peuvent être ignorées, contrairement aux DRM des ebooks : au moins, quand on achète un livre, on paye et c'est fini, un ebook, selon les désirs du vendeur, on paye pour louer le livre... C'est plutôt idiot.

Quelques fautes d'orthographes cependant ("et bel et bien" = "est bel et bien")


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