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Amante de l'Oubli

Amante de l'Oubli
Écrivaillon

Classé dans Nouvelle
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Date de création :
le 30 novembre 2014, à 13:39

Dernière validation :
le 1 décembre 2014, à 04:35

Enfance


J’ai toujours pensé qu’objets et humains étaient différents, car pour moi tout objet, quel qu’il était, ne pouvait vivre, bouger ou penser de son propre chef : le sang n’affluait dans aucune veine, il n’y avait aucun organe, juste un ensemble d’engrenages, de fils, de métal, de feuilles, de bois… À chaque fois, c’est l’homme qui le créait, lui rajoutait des systèmes d’assemblage, lui permettant ainsi de marcher, de produire je ne sais quel son… Ou encore, avec du tissu du fil et une aiguille, il pouvait donner forme à un petit animal, lui donnant un air plus vivant que possible. L’objet n’en restait pas moins une chose non-vivante à qui on pouvait retirer ce dont il avait besoin pour « vivre » à tout moment. Un jouet plus ou moins utile pour l’humanité. Pour moi, c’était une évidence. Et bien croyez-le ou non, je me trompais. Et c’est grâce à ce qu’il m’est arrivé que je l’ai réalisé.
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Cela se passa lorsque, encore mineure, j’habitais encore chez mon père, à Llo (se prononce « lio »), dans les Pyrénées-Orientales. À l’époque, j’avais 15 ans, me nommais Wilhelmina et étais de nature renfermée, en grande partie à cause des moqueries que je subissais chaque jour de la part de mes camarades de classe (peut-être aussi à cause de mon nom plus difficile à prononcer qu’une prose en allemand). En effet, j’étais rousse et, bien sûr, j’avais hérité du teint blafard que doivent supporter tous les roux à cause de leur peau totalement intolérante aux rayons du soleil. Pour ce qui est des adultes, je n’étais qu’une élève banale, avec des résultats banaux et le comportement banal de la fille qui reste dans son coin. Je ne les embêtais pas et ils me rendaient la pareille, point final. Quand à mon père, Mr Rougon, il était antiquaire, mais il avait beau aimer son métier, cela allait bientôt faire deux ans que je ne l’avais plus vu sourire… Deux ans depuis la mort de ma très chère mère. Elle était tombée gravement malade, et un jour, avait tout simplement disparu. Personne n’a jamais su pourquoi ni comment elle a pu disparaître de la circulation et la police, après plusieurs mois de recherche, avait décrété qu’elle n’avait pu survivre à cause de sa maladie eut-elle été kidnappée ou non puis avait décrété que l’affaire était « non-classée ». Depuis ce jour, on parla du « mystère de la non-morte disparue » et ma famille fut quasiment considérée comme maudite par les gens croyants du coin. La disparition de ma mère rendit mon père presque fou durant presque un an, lui retirant toute envie de travailler, et je dirai même, de vivre. Je me rappelle qu’en ces temps funestes, mon père répétait une sorte de litanie :
« C’est ma faute… Je n’aurais jamais dû la laisser garder cette abomination du diable… Il me l’a volée ! Mais je ne le laisserai pas s’échapper… Non, ça jamais ! Jamais … Même si je ne pourrai pas le lui faire payer… Il ne pourra plus jamais faire de mal comme il l’a fait auparavant ! » disait-il avec une lueur dans les yeux qui me terrifiait. Et lorsque que j’essayais d’engager la conversation pour pouvoir comprendre ce qu’il voulait dire, cela se passait toujours de la même manière :

« Mais, père, qui est ce « il » et … Quel est le rapport avec mère ? Ce serait la faute de cette personne si elle n’est plus avec nous ?
- Il l’a tuée à petit feu… Et ensuite… Telle l’araignée qui attrape sa proie, l’a enfermée pour nous la soutirer…
- Mais qui ?! Qui ?! Tu dois bien avoir un nom tout de même !
- Un… nom ? Il n’a pas de nom… Il s’adapte… À la personne qu’il capture… Ne le laisse pas t’attraper ! Je ne veux pas te perdre je n’aurais plus la force de vivre ! Tu es tout ce qu’il me reste !! C’est donc pour cela que tu ne dois à aucun moment entrer dans le grenier, tu m’entends ?! À aucun moment ! »
Et c’est ainsi que se terminait la conversation. Et tout cela n’avait aucun sens pour moi à l’époque… À l’époque.
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Pour reprendre ce que je disais avant cette explication, mon père était antiquaire mais malheureusement, les affaires ne marchaient pas vraiment, il faut dire que notre boutique se situait au rez-de-chaussée de là où nous habitions… Le problème était que cette maison était très abîmée, - pour ne pas dire glauque, et depuis la mort de ma mère, mon père se refusait à faire des travaux de rénovation, et son seul prétexte étant que « cela donnait du charme à la boutique, ça la rendait plus mystérieuse… Et que de plus c’était un porte-bonheur ! » J’avoue que j’avais du mal à trouver en quoi voir sa maison tomber en ruine était un porte-bonheur. Mais d’un côté il avait raison : pour être mystérieuse, elle l’était ! Le problème étant qu’elle l’était tellement que cela faisait fuir tous clients potentiels. Je les comprenais parfaitement d’ailleurs, voir une maison dans les tons gris, noirs et bruns, qui a plus de fissures dans ses pierres que le nombre de rides présentes sur le visage d’une personne âgée d’au moins une centaine d’années, dont les ardoises tombent les unes après les autres et qui, pour finir, grince au moindre petit coup de vent tel un navire pris dans une tempête, cela donne envie de faire venir un exorciste pour voir si le bâtiment est hanté plutôt que d’y entrer, et prendre le risque de se faire écraser par une pierre qui serait malencontreusement tombée d’un des murs.


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La nuit où tout débuta succédait à une journée comme les autres : après être rentrée du collège, j’étais allée aider mon père à la boutique, et subir son sermon quotidien sur le fait que je ne devais à aucun moment monter au grenier. Tandis que je commençais à nettoyer divers objets plus ou moins précieux, j’écoutais à moitié ce qu’il disait, m’amusant à deviner ce qu’il allait dire avant que les mots ne franchissent ses lèvres. Je connaissais ce discours par cœur ! Cela donnait à peu près cela : (il se peut qu’il y ait différentes versions selon mon âge, mais celle-ci, je crois, est la plus récente)
« Mlle Wilhelmina Rougon, vous savez que je ne veux point que vous accédiez à une certaine pièce de la maison, n’est-ce pas ?
- Oui, père. (L’assurais-je à chaque fois)
- Je vois, vu votre ton détaché, que vous n’avez pas en tête les risques que vous courrez en entrant dans cette pièce : mais je puis vous dire qu’ils ne sont pas des moindres, surtout pour une enfant telle que vous ! Dois-je vous rappeler quels malheurs et damnations il peut vous arriver dans cette pièce maudite ?
- Non, père.
- Bien ! Mais même si, Wilhelmina, vous acquiescez au moment où je vous parle qui me dit que quelques esprits malins ne viendront point torturer votre pauvre esprit d’enfant, et obliger par quelques maléfices à entrer dans cette pièce ?
- Père, dis-je d’un ton exaspéré, je vais fêter mes 16 ans en janvier prochain, (car nous étions en hiver.) je ne suis plus la petite fille que vous avez connue quelques années auparavant. Je comprends que vous vous inquiétiez pour ma sécurité, mais je peux dorénavant voler de mes propre ailes ne croyez-vous pas ? De plus si quelques esprits malins, comme vous dites, venaient à moi pour me jouer certains de leurs tours, la présence de la croix de Dieu autour de mon cou devrait pouvoir m’aider, n’êtes-vous point d’accord ? »
Généralement il terminait la conversation en marmonnant que je n’en restais pas moins imprudente et vaquait à ses occupations.
Après avoir terminé de ranger, nettoyer, faire les comptes de la journée et d’autres choses encore, nous mangeâmes en remerciant Dieu de nous avoir permis d’avoir de quoi manger - dans la cuisine, sur notre vieille table en bois, sans nappe, bien sûr, laquelle portait tellement d’entailles de couteaux, était tellement rafistolée à maints endroits que n’importe qui, donnant un coup de pied bien placé aurait pu la disloquer facilement. On pouvait dire qu’elle allait très bien avec notre cuisine grise et vétuste. – puis, ayant terminé je demandais à sortir de table pour monter dans ma chambre. Je montais alors les escaliers (qui grinçaient à chacun de mes pas) jusqu’au premier étage puis m’avançais dans le couloir étroit qui était couvert d’une tapisserie jaunâtre abîmées et était éclairé par la faible lumière d’une lampe ancienne recouverte d’une couche de poussière et des toiles d’araignées. Arrivée devant ma chambre, je m’arrêtais et tournais vivement la tête. N’avais-je point aperçu une ombre se glissant rapidement entre les meubles, là-bas, au fond du couloir ? Non, c’était sûrement mon imagination, rien de plus, me dis-je, comme pour me rassurer. Après ce court instant d’étonnement, je me retournais vers ma chambre et entrais. Je refermais la porte et allai m’assoir sur le tabouret près de mon bureau pour faire mes devoirs. Environ une heure plus tard je m’affalais sur mon lit, qui grinça sous le choc, comme pour me rappeler qu’il était vieux et rouillé et qu’il, pour ainsi dire, souffrait à chaque fois que je m’allongeais ou même m’asseyais dessus. Je m’assoupis dès que ma tête toucha mon oreiller, épuisée par ma journée, d’un sommeil sans rêves. Je fus réveillée en pleine nuit par ce qui s’apparenta à des grattements sur ma porte de chambre…

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Au départ je ne prêtai point attention à ces petits bruits, mais en voyant qu’ils se prolongeaient et semblaient même s’amplifiés, je trouvais cela étrange et m’intéressais plus au phénomène. Ce fut à ce moment-là que les grattements s’éloignèrent, comme pour m’indiquer une route à suivre. « Une route à suivre ? » Et puis quoi encore ?! Je me faisais des idées… Je devais être vraiment épuisée. Forte de ces pensées, je retombai sur mon oreiller, bien décidée à ne plus prêter attention aux bruits bizarres, qui étaient à présent de retour au niveau de ma porte, comme s’ils avaient remarqué que je ne les suivais pas. J’essayais de me rendormir… Sans résultat. En effet, les grattements s’étaient transformés en sons presque effrayants. Je me résonnais : soit ils étaient le fruit de mon imagination, soit il s’agissait juste quelques souris ou autres petites bêtes, bloquées, et qui n’arriveraient plus à sortir de leur pétrin. Mais non. Au fond de moi, au fond de mon âme, je savais, je sentais, que quelque chose n’allait pas. D’ailleurs, chose étrange, les petits bruits insolites étaient remplacés, petit-à-petit par ce qui me semblait être des chuchotements… De nombreux chuchotements, qui paraissaient se rassembler pour amplifier ce qu’ils disaient. Malgré tout, je n’arrivais point à saisir ce qu’ils voulaient me dire, enfin, s’ils m’étaient réellement destinés. Toute cette histoire m’intriguait de plus en plus, autant qu’elle commençait sérieusement à me faire peur. Au final je me décidais à agir, et après avoir enfilé un châle par-dessus ma chemise de nuit, mis des pantoufles et pris mon courage à deux mains, je sortis de ma chambre.

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Cette nuit-là, quand je me déplaçais dans les couloirs sombres de l’étage supérieur, que seule la lumière de la lune qui filtrait difficilement à travers une fenêtre usée et salie par le temps éclairait, je redécouvris ma maison :
Elle me sembla plus mystérieuse, peut-être plus effrayante aussi. Je remarquais certaines choses que je n’avais pas vu auparavant, comme la vétusté de certains meubles, rongés par les vers et envahis par les toiles d’araignées. Je trouvais aussi des marques d’origines inconnues (et dont je ne voulais rien savoir) sur les murs, plus ou moins âgées et témoignant ainsi de l’ancienneté du logis dans lequel je me trouvais. Soudain, je crus voir une ombre passer sur le rebord de la fenêtre : je frissonnais alors, ne sachant si la cause était le froid ou bien la peur. Ma frayeur passée, je décidais d’aller voir où avait disparu l’ombre. Je m’avançais donc dans le couloir, pour finalement me rendre compte que l’endroit en question n’était autre que le grenier. J’eus, je dois l’avouer, un moment d’hésitation avant de rentrer dans cette pièce, mais, après m’être persuadée que rien ne pouvait m’arriver de grave je commençais à monter les marches abruptes de l’escalier menant au grenier. Arrivée en haut, je marquais une pause devant la porte : et si père avait raison ? Rien ne m’empêchait de rebrousser chemin, et d’ailleurs, je me demandais encore pourquoi diable avais-je suivi les chuchotements. J’étais encore perdue dans mes pensées quand soudain la porte qui se trouvait devant moi s’entrouvrit laissant échapper un souffle glacial. Je déglutis : le toit serait-il percé? M’armant de tout mon courage, j’entrais dans le grenier, non sans trembler de tout mon corps.
La pièce dans laquelle je débouchais était sombre et lorsque j’essayai d’allumer une lampe pour y voir plus clair, la seule chose que j’obtins de la part de l’ampoule fut une lumière vacillante qui n’éclairait pas plus d’un mètre autour de moi. Je pestais en mon fort intérieur contre les technologies modernes, et me fit une réflexion à voix haute, sûrement plus pour me rassurer qu’autre chose :
« Bon, et bien c’est déjà ça ! Mais d’où venait le coup de vent tout à l’heure ? Je ne vois aucune entrée d’air dans ce débarras ! »
J’attendis une réaction, et voyant que rien ne se passait, me détendit, et commençais à observer ce qui m’entourait, guettant toujours, malgré moi, un intrus invisible : au fond, je n’avais pas l’impression d’être dans un grenier si différent des autres : il était recouvert d’une couche de poussière qui s’amoncelait depuis des années et était rempli de vieux objets qui dataient sûrement de l’époque de mes arrières grands-parents. C’est ainsi que je trouvais, durant mon exploration des lieux, de nombreux coffres en bois aux jointures de fer rouillées et pleins d’habits de toutes sortes, de vieux meubles comme des fauteuils déchirés (cela allait du simple bout de tissu déchiré aux robes travaillées datant au moins de la fin du XVIIIème ou du début XIXème ) certains objets, d’ailleurs, montraient que ma famille, à une époque, avait été riche. Je me demandais pourquoi père se refusait de monter ici, en sachant qu’en revendant tous les vieux habits présents nous pourrions faire rentrer pas mal d’argent dans nos caisses, ce qui nous aiderait beaucoup et surtout nous permettrait de rénover la vieille bâtisse dans laquelle nous habitions ! De plus, depuis que j’étais rentrée ici je n’avais rien vu de si inquiétant que ça… Enfin rien, l’ambiance était plutôt pesante et j’avais la bizarre impression que je n’étais pas seule, mais je me disais que cela devait être dû à la présence quasi certaine de nombreux mulots ou autre petits visiteurs. Rien de tout cela, de mon point de vu en tout cas, ne justifiait les mises en garde excessives de mon père durant toutes ces années… Malgré tout je restais méfiante : Qui sait ce qui peut arrivé lorsqu’on relâche notre attention ne serait-ce qu’un instant ? Et bien sûr, après avoir dit ça, j’entendis un bruit mat derrière moi… Je me retournais vivement pour voir d’où provenait le bruit, m’imaginant déjà je ne sais quelle scène fantastique tout bonnement impossible… Et découvris un livre noir, qui devait être tombé du haut d’une armoire.

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Mon cœur battait encore à cent à l’heure lorsque je réalisai que ce n’était qu’un livre. J’eus pourtant juré que j’avais vu une ombre qui avait la silhouette d’une femme... Par ailleurs, je me demandais comment avait-il bien pu tomber. Une sourde angoisse commençait à se faire un chemin dans ma tête, lentement et sournoisement. Tandis que je commençais à faire demi-tour pour partir, je me rendis compte que la vision que j’avais de l’espace qui m’entourait avait changé… Tout me semblait plus inquiétant, et j’avais désormais l’étrange impression de n’être plus seule. Une odeur désagréable, de rouille mélangée à celle de l’humidité et de la moisissure m’envahit les narines, de plus j’avais froid, trop froid, anormalement froid, et certains détails que le faisceau de lumière de ma vieille lampe n’avait pas éclairés auparavant me sautèrent aux yeux et me glacèrent le sang : de nombreux petits mots tachaient le mur de la pièce. En les observant avec un certain recul je me rendis compte qu’ils étaient écrits avec un liquide rouge qui coulait encore, comme si on venait d’écrire les phrases ; d’ailleurs ce que je lus ne me rassura pas « Elle est toujours là », « Elle te voit, vivante parmi les morts », « Seulement la chair de sa chair ». Je détournais brusquement la faible lumière du mur. Je n’aimais pas la tournure que prenaient les choses… Pas du tout. De plus en plus mal-à-l’aise, je regardais de nouveau derrière moi, persuadée que quelqu’un m’observait, me suivait. La seule chose que je réussis à voir, fut un vieux portrait abimé par l’humidité et le temps, - ce qui avait donc transformé celle qui devait être une jolie petite fille, assise sur une chaise de bois avec sa poupée, (qui faisait environ 35 centimètres, avait un teint blanc, était blonde avec des anglaises et avait des yeux bleues s’accordant avec sa robe blanche au liseré bleu, et qui tenait un petit livre noir ) en une sorte de fantôme aux yeux noirs et au jouet qui semblait maintenant être plus vivant que sa propre maîtresse. Le tableau était étrange. Mais malgré tout, comme attirée par une force inconnue, je m’en approchais, et pu ainsi voir qu’incrusté sur le cadre doré le titre était toujours visible, juste caché par épaisse une couche de poussière. Je chassai la poussière de ma main pour pouvoir voir ce qui était écrit et fronçais les sourcils « Louise Montrose » ?
« Mais c’est ma mère ! m’écriais - je ! Que fait un de ces portraits dans le grenier, à pourrir et à se dégrader d’année en année ?! Je croyais que père les avait tous vendus, ainsi que toutes ces affaires, en disant qu’elles ne feraient qu’attirer La Chose et raviver les souvenirs …
- La chose ? Quel manque de politesse. » dit la poupée que tenait ma mère sur le tableau avec un sourire figé. Je poussais un petit cri et tombai en arrière.
« Mais que ?! Suis-je donc folle ? Oui ça doit être cela…
- En es-tu certaine ? » fit alors une voix derrière moi. Je sursautai et tournai la tête. Une poupée, la même que celle du tableau, toujours accompagnée de son livre et éclairée par ma lampe qui gisait désormais sur le sol, me regardais fixement grâce à ces deux pupilles bleues en verre. Je hurlai et me relevais le plus rapidement possible pour courir vers la porte. J’étais plongée dans le noir, et me rendis compte que je ne trouvais plus la sortie. Je trébuchais et tombais plusieurs fois à cause des objets sur mon passage. Je paniquai, m’affolais et finis par m’arrêter, à demi assommée par le mur que je venais de percuter. Tandis que j’essayais de me calmer, j’entendis une planche grincer dans mon dos, et une faible lumière m’éclairer. La poupée se tenait derrière moi, et me dit :
« Tu sais, je pense que tu aurais dû écouter ton père, comme ta mère aurait dû le faire. Oui, cela aurait été plus sage de ta part… Mais maintenant tu vas rester avec nous, hein ? Tu vas rester avec ta mère n’est-ce pas ? Tu n’oseras pas la laisser ?»
Je n’eus rien le temps de faire, ni de crier, ni de m’enfuir, la poupée, avec le même sourire, ouvrit le livre qu’elle tenait et je me sentis comme aspirée. J’avoue que je mis du temps à réaliser où j’étais. Depuis combien de temps suis-je ici ? Est-ce un rêve ? Vais-je me réveiller ? Je n’en sais rien. Mais pour le moment je suis prisonnière. Dans un livre. Dans Le livre. Avec pour seule occupation écrire. Et pour l’éternité.
Et vous, vous qui lisez ces mots, libres de vos mouvements, ne pensez-vous point qu’il pourrait vous arriver la même chose ? Ne pensez-vous pas que cette histoire est vraie ?

Rien n’est impossible… Même nos pires cauchemars.

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