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coburit

coburit
Écrivain confirmé

Classé dans Conte
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Date de création :
le 25 novembre 2014, à 12:58

Dernière validation :
le 26 novembre 2014, à 02:48

Un matin

Il ne savait pas pourquoi ce matin la ville semblait avoir changé, mais tout au fond de lui il sentait que les rues, les murs de la ville ne ressemblaient plus à ceux qu'il connaissait. Les odeurs avaient changé, l'habituel parfum de pollution, acre dans les poumons, avait disparu, l'air était doux, comme celui que l'on côtoyait dans les forets. Le ciel était bleu, sans nuages. Un vent doux circulait dans la ville, frisson agréable sur la peau comme les ailes d'un ange.
En ouvrant la fenêtre de son appartement, il entendit le silence, plus de voitures bruyantes dans les rues, plus le strident hurlement des bécanes, plus le bruit de la foule. La ville était désertée, les rues vides, silencieuses. Aucun oiseau ne chantait dans les arbres, aucun chien aboyait contre les facteurs, la ville était abandonnée, il comprit alors qu'il était seul, plus seul encore que dans sa vie.
Il s'habilla prestement et quitta son appartement, dévala l'escalier quatre à quatre pour sortir de son immeuble, la rue était silencieuse, vide , abandonnée. Il sentit monter en lui un sentiment oublié, la peur. Pas la peur des grandes personnes, mais la peur des petits enfants, la peur qui vous poussait dans les bras de vos parents. Mais jamais plus il ne pourrait tomber dans leurs bras amicaux, chaleureux. Il se savait seul, solitaire, perdu dans une ville si proche qui lui semblait devenir plus lointaine au fil des minutes.
Il hurla, appela , cria, chanta. Seul un écho moqueur répondait, un écho rebondissant contre les murs, s'écrasant sur les toits, sur les vitres. Il se calma, s'assit par terre et se mit à réfléchir, de nombreuses questions le taraudaient. Etait il mort, dans un autre monde, un univers divergeant collé au notre. Puis il entendit des pas s'approcher de lui,
Une marche légère et rapide. Il se retourna et aperçut un enfant, une petite fille de huit ans.,
Elle le regarda en penchant la tête, puis s'approcha à un mètre et lui demanda:
-" Que fais tu ici? Tu ne devrais pas être encore là."
Elle se mit à hurler, crier, appelant à l'aide. La rue qui était vide se remplit en un instant , des enfants jaillissent des maisons, filles et garçons, tous le regardant, leurs bouches avec le même rictus de dégout.
-" Il en reste enoore un, il faut terminer le travail"
Tous les enfants se jettent sur lui, il sent son corps défaillir, des mains, des poings, des dents, des pieds enfantins le frappent, sans arrêts, toujours.Ses yeux sont gonflés, du sang coule sur son visage, il a du mal à respirer, il sent son cœur s'arrêter, il est mort.
La petite fille essuie ses mains rouges sur sa robe de princesse, elle sourit.
-" Si on jouait à la marelle, allons en Enfer !"
Tous se mettent à rire, tous ont des mains tachées de sang, de sang rouge, épais, du sang des adultes, de leurs parents, de leurs grands frères, de leur grandes sœurs. Tous se mettent à sautiller, chantant une étrange chanson:
-" Quittons le Paradis
Le monde de nos Parents
Allons voir l'ile aux enfants
C'est en Enfer mes amis."

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