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Peok

Peok
Écrivaillon

Classé dans Nouvelle
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Date de création :
le 11 octobre 2014, à 11:35

Dernière validation :
le 11 octobre 2014, à 21:18

Elda

« Elda »

Il l'avait trouvé près d'une rivière. Il semblait endormi, dans cette grande forêt. Rien ne paraissait lui faire peur. Ni les vieux bâtiments abandonnés, pleins de fantômes errants, ni les esprits tourmentés des grands arbres. Malo, lui avait peur. Cette forêt était lugubre, et lui semblait infiniment grande, et lui infiniment petit. Enfin, à 7 ans, c'est ce dont on a l'impression. Quand il l'avait vu, il s'est tout de suite précipité pour le recueillir. Ses parents, avec qui Malo se promenait, ne voulaient pas. Mais Malo avait insisté. En plus, il était blessé. Tout abîmé. Il l'a alors pris dans ses bras. Il le rassurait. Malo le rapporta chez lui, et mis tout son cœur pour le réparer. Il le lavait, le caressait. Il lui trouva un joli nom. « Je vais t'appeler... Elda ! », dit-il une belle après-midi, où il faisait de la balançoire en le tenant sur ses genoux. Parfois, il semblait qu'il lui souriait. Malo emmenait Elda partout où il pouvait. Il jouait, dormait, mangeait avec lui. C'était son copain, son confident. Maman lui avait défendu de l'emmener à l'école. Malo n'avait pas compris pourquoi, et avait beaucoup pleuré ce jour là. C'est pour cela qu'il était toujours triste d'aller à l'école. Il devait quitter Elda.
Ce bonheur entre les deux compagnons dura de nombreuses années. Elda aidait Malo à grandir en toute sérénité. Malo avait parfois l'impression que Elda avait comme des pouvoirs. Quand Malo était en colère, la présence de son ami le calmait, le réconfortait quand il était triste.

Un jour, quand il eut treize ans, Malo retourna dans la forêt où il avait trouvé Elda. Rien que lui et son ami, sans ses parents. En fait, il était en colère contre eux et rien, ni même le beau sourire de son ami n'avait pu l'apaiser. Alors il avait décidé de partir, juste pour une heure ou deux.
Étrangement, la forêt lui semblait tout aussi effrayante que quand il était petit. Les arbres étaient immenses, la végétation dense malgré les randonneurs assez fréquents. Par-ci par-là, il y avait de vieux bâtiments gris désaffectés. Malo n'avait jamais su à quoi ils avaient pu servir. Certains parlaient d'une étrange scierie, d'autres disaient que les bâtiments avaient toujours été comme ça. C'était absurde, quand même, parce qu'il avait bien quelqu'un qui les avait construits. Mais ce qui est sûr, c'est que pendant la guerre, des hommes se sont cachés dans ces bâtiments. Malo, en fait, se fichait pas mal de tout ce qui pouvait être dit à ce propos. Il n'écoutait pas ceux qui disaient que les lieux étaient maléfiques.
Malo voulait traverser la rivière par ce gros tronc couché. Il commença à l'escalader. Il n'avait pas peur, il avait l'habitude de ce genre de cascades, ce qui le valait de se faire souvent gronder. Le tronc était humide et glissant, et la rivière qui passait en dessous était très forte, du fait de toute la pluie qui était tombé sur la région depuis quelques semaines. Malo se mit à califourchon sur l'arbre, et commença à avancer, tout en tenant Elda fermement dans ses bras pour ne pas qu'il ne tombe. Il le serrait très fort. Arrivé au trois-quart de la traversée, Malo s'arrêta. Il aimait être ainsi, il avait l'impression d'être un grand dans la forêt. Il regarda son ami dans les yeux. Soudain, une puissante bourrasque de vent lui fit perdre l'équilibre et Malo tomba dans la rivière tumultueuse. Le jeune garçon paniquait, agitait les bras, criait, mais il était seul dans cette forêt, et son petit ami ne pouvait pas beaucoup l'aider. La rivière l'emportait de plus en plus vite.

Sur une petite berge, près de la rivière, un enfant le vit et se pencha pour le ramasser. Il était un peu abîmé, mais très joli, ce vieux masque en bois, rouge et bien taillé. En plus, on aurait dit qu'il souriait.

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