• Favoris

    0
  • Vues

    713
coburit

coburit
Écrivain confirmé

Classé dans Autre
Voir plus de textes de coburit

Date de création :
le 6 juillet 2014, à 09:43

Dernière validation :
le 7 juillet 2014, à 13:08

Sganarelle philosophe

Scène I : Dans une taverne, cinq convives attablés
Tous valets, commis, ripaillent en buvant.
Arrive un homme, l'un d'eux commence.

-" Sganarelle te voilà enfin des notre
Nous pensions que tu ne voulais plus faire l'apôtre."
Sganarelle :
-" Ne vous moquez pas de la religion
Mais laissez moi une place à votre table.
Je vous promet pour vos futures discussions
Des rires et des aventures plus agréables."
Sganarelle s'assied et prend un verre de vin.
-" Mes amis, votre vin est frais et doux...
J'apprécie également son gout ."
Un convive :
-" Alors Sganarelle, ton maitre est parti
Te voilà sans travail mon pauvre ami ."
Sganarelle :
-" Oui hélas, Don Juan est poursuivi par le Commandeur
Me voilà Sganarelle sans labeur.
Que fallait il que mon maitre se complique la vie
Avoir tant de maitresses, toutes plus riches, plus jolies.
Voyez mes amis, je vais vous dire pour l'amour ma philosophie :
Nous pauvres valets, nos amours sont naturels
Quelques servantes, des filles de cuisines ou de fermes à embrasser.
Dans nos hymens rien de cruels ,
Nos douces amantes sont belles à croquer. "
Un autre convive :
-" Certes Sganarelle, mais sans maitre plus de toits, plus d'argent
Comment comptes tu résoudre de désagrément ?"
Sganarelle :
-' Mes amis, me voilà homme libre
Libre mais sans le sou, sans maison
Il me faut pour demain réparer ce déséquilibre.
Retrouver dans ma vie cette douce chanson
Car sans un maitre plus de valet de comédie.
Mon destin sera-t-il celui d'un galérien ?
Qui pourra me sortir de cette perfidie ."
Troisième convive :
-" Un docteur, médecin de mon maitre, cherche une valet
Rend toi chez lui, tu es l'homme parfait."
Sganarelle :
-"Mon ami
Un docteur comme maitre
Me voilà au Paradis.
J'imagine déjà de nouvelles maladies
Me voilà alité, cajolant les soubrettes.
Tu me fais renaitre
Donnes moi son adresse
De suite je vais frapper à sa gloriette.
Adieu mes amis, je m'en vais."
Tous les convives éclatent de rie :
-" Un si bon camarade Sganarelle
Toujours prêt à séduire
Buvons ce bon vin doux comme le miel."

Scène II : Depuis deux mois au service du Docteur Cornélius
Sganarelle reste souvent alité le matin dans sa chambre.

Dorine :
-" Encore au lit ce matin Sganarelle
De quoi souffrez vous sacripant ?
Vos maladies ne sont que vénielles
Vous n'êtes qu'un fainéant ."
Sganarelle:
-"Dame Dorine, votre cœur est bien sombre
Voyez comme je souffre, comme je frissonne :
De la tête aux pieds, je ne suis que décombre
Cette fièvre en moi bouillonne."
Dorine :
-" Vous n'avez pas l'air malade."
Sganarelle :
-"Je vous en prie touchez mon front,
On pourrait y cuire une grillade.
Vous ne faites pas l'affront
De parler ainsi à un pauvre malade."
Dorine :
-"Votre front est chaud, certes."
Sganarelle :
-" Voyez, touchez , allez plus bas
Mon corps est bouillant, je vais à ma perte."
Dorine:
-" A quoi jouez vous là !
En plus vous êtes un fripon."
Sganarelle:
-" Chère Dorine, à un mourant vous refusez votre tendre potion
Voyant en elle le seul moyen de ma guérison."
Dorine :
-"Je ne suis pas une dame de la sorte, pauvre idiot."
Sganarelle :
-" Quelle mijaurée, quelle bigote."
Le docteur Cornélius entre dans la chambre.
-" Mon pauvre valet, encore malade
Si votre santé est si fragile
Vous devrez aller à la campagne
L'air frais pour vous sera bonne compagnie."
Sganarelle :
_" Oh mon bon maitre, je vous en prie
Ne me renvoyez pas d'ici
Ma santé est certes fragile
Mais à votre service je me sens inflexible."
Docteur Cornélius :
-" Oh quelles belle paroles
Jamais je n'eus de valet si fidèle.
Je n'ai qu'un moyen pour cette variole
Je vais chercher le matériel."
Dorine:
-" Tu n'as pas honte de te moquer ainsi du maitre ?"
Sganarelle :
-" Moquer, que dis tu,
Mon ancien maitre était un affreux homme
Notre maitre est la bonté pur
Que dis je un surhomme !"
Dorine :
-" Tu aurais du rester dans la rue."
Sganarelle:
-" Que de laides paroles
Don Juan est chauffé pour l'hiver
Sa compagnie est en Enfer
Le pauvre Sganarelle serait mort de froid sous le souffle d'Eole."
Le docteur revient :
-"Mon ami, valet si fidèle
Je vais te parler du système vasculaire
Hippocrate l'appelle souffle vitale .
A Troie, on soigna ainsi deux bras
Avicenne en fit son idéal.
Tous les maux circulent ainsi
Dans le sang courent les maladies.
Je te vois souffrir, gémir, un pauvre mourant
Mais je suis Docteur, je soigne les douleurs.
Contre ce mal si effrayant
Je connais le remède supérieur."
Sganarelle:
-" Que voulez vous dire mon maitre ?"
Le Docteur :
-"Entre nous pas de maitre, je deviens ton Docteur
Les sangsues maintenant guériront ton cœur.
Dorine, enlève lui sa chemise que je pose les sangsues,
Regarde ces braves bêtes comme elles sont alertes,
Elles aspirent déjà de ton sang le corrompus
Que j'aime ces braves petites bêtes."

Plus jamais Sganarelle ne fut malade
Grace aux sangsues
Toute une escouade
Pour redonner santé à notre pauvre fourbu.

Commentaires

Aucun commentaire.


X
Connexion

Nom d'utilisateur :

Mot de passe :

J'ai perdu mon mot de passe
Inscription à Factus Scribo