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coburit

coburit
Écrivain confirmé

Classé dans Nouvelle
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Date de création :
le 27 avril 2014, à 09:50

Dernière validation :
le 27 avril 2014, à 20:47

le dernier troyen

Du haut de la colline il pouvait apercevoir Troie bruler. Des panaches sombres filaient droit
vers le ciel, à leur pied des flammes serpentaient entre les bâtiments incendiés, se glissant
entre les colonnes puis grimpant sur les péristyles pour s'étendre sur les toits.
Il serra les poings et maudit les grecs, leur stupide cheval avait profité de l'orgueil des siens
La ruse d'Ulysse lui avait coutée la perte de sa ville, la mort de ses amies , de sa famille
et l'enlèvement de sa tendre adorée. Elle devait maintenant être embarquée sur l'un de leurs
vaisseaux, jamais plus il ne la reverrait. Prisonnière dans un gynécée , elle deviendrait la
maitresse d'un roi grec ou au pire vendue comme courtisane , offerte au plus offrant.
Il avait fui la ville profitant de la panique lors de l'assaut, avant de penser à son honneur
il avait couru, comme un lâche.
Il n'était pas un guerrier, sa faiblesse il l'avait compensé en étudiant mais maintenant son
rôle dans ce monde lui apparaissait vain. Les beaux poèmes ne font pas un homme, le destin
lui avait joué un drôle de tour. Guerrier il aurait pris son glaive puis sur le sable noirci
il se serait endormi à tout jamais, partant pour les champs Elyséens.
Tout à coup, il aperçut une ombre sur la colline . Il se retourna et vit un homme d'âge mur.
Accroché à sa boucle il aperçut des parchemins, sur le coté une lyre. Sa main se dirigea vers
son couteau, il jubila de tuer ce grec. Par cet acte, toute sa couardise serait réparée.
L'homme le regarda immobile :
-" Troyen ne me tue pas, je ne suis qu'un poète. Je me nomme Homère et dans mes chants je
raconte la guerre de Troie . Dans les millénaires, les hommes raconteront les exploits d'Hector,
La belle Hélène , Achille , Paris et les mises en garde de Cassandre par mes écrits. Veux tu
tuer l'Histoire."
Il tremblait de rage, tuer ce grec à tout pris devenait son crédo. L'homme ouvris un étui de
cuir et lui tendit un parchemin. IL s'en saisit et pour toute la postérité il devint le
premier lecteur de l'Iliade. Les mots racontaient l'histoire de sa ville, sa grandeur et sa
chute.
Sa rage avait disparu, il tendit le parchemin à l'homme et sans un mot il s'éloigna. Il
était le dernier troyen, et dans le lointain il pleura...

Commentaires
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la plume de l'ange, le 7 juin 2014, à 19:37 :

C'est génial. Meme si la forme de ton texte est particuliere, c'est vraiment un super texte ! :)


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