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Requiem

Requiem
Écrivaillon

Classé dans Nouvelle
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Date de création :
le 13 mars 2014, à 18:22

Dernière validation :
le 14 mars 2014, à 18:12

Extrapolation

Enfermé dans cette pièce. Dans cette toute petite pièce. Sombre. Il y fait sombre. Je ne m'y distingue même pas. Ni moi, ni mon présent. Je ne peux sentir sur ma peau que ce souffle glacé, cette brise douce comme le baiser d'une fille, ce froid qui m’effleure tendrement et qui pourtant me brûle le cœur.
Plic... Ploc... Les larmes coulent et choient sur mon visage, laissant derrière elles un sillon mélancolique, puis s'écrasent sur le sol en se brisant enfin en milliers de petits éclats que je ne peux même pas admirer. Mais je suis sur que se doit être un merveilleux spectacle.
D'ailleurs, je ne sais même pas pourquoi je pleure. Je ne trouve pas de raison de pleurer et pourtant des flots de pluie s'écoulent de moi. Peut-être ne faut-il pas de raison. Tant mieux car la raison m'a quitté. Je ne sais pas quand. Je ne la surveillé pas à ce moment-là. J'avais le dos tourné et jetant un œil par-dessus mon épaule, elle avait disparu. C'est peut-être pour ça que je suis malheureux. Ma vie manque de sens....
Enfermé dans cette petite pièce dans le noir, je tâtonne les murs. Je cherche vaguement un sens. À quoi se ressemble un sens ? Comment puis-je le trouver ? Alors je continue de tâtonner. Je laisse mes mains devant moi pour me rattraper si je devais tomber et j'avance. J'avance par petits pas. De tout petits pas... Mais plus j'avance, plus je me demande si je ne recule pas. Le chemin vers la Raison est-il si long ? Mais surtout est-il si solitaire ? Accompagné à chaque seconde par la peur, et par la mort toujours présente, je ne suis jamais vraiment seul.
Plic... Ploc... Plic... Ploc... Les larmes continuent leur déclin. Elles tombent, tombent mais ne s'écrasent plus. Elles s'envolent, elles montent je croient, mais où vont elles ? Sans doute se chercher un sens, comme mes pensées qui montent mais ne retombent pas. Qui suis-je sans pensées pour garnir mon esprit ? Rien de plus qu'un maudit, un damné sans l'humanité que lui procure la réflexion.
En montant, mes pensées se mêlent aux larmes, elles se mélangent et s'arrangent, formant dans cette union maudite un sens. Mon sens. Il brille, au-dessus de ma chair en lambeau. Il brille mais j'ai perdu mon corps. J'ai un sens désormais, mais rien pour l'attraper. Et la toute petite pièce se ressert autour de moi. Je ne peux pas repousser les murs qui tentent d’aplatir cette raison pour laquelle j'ai tant pleuré.
Stop !... J’arrête de me battre. Je me repose, je ne fais plus rien, je ne bouge même plus. Le bruit des larmes s'est arrêté et j'en profite pour écouter le silence. Pendant ce temps ma raison s’atténue et s'estompe. Elle repart et moi j'ai retrouvé mon corps. Je reste assis là. Plus besoin de pleurer maintenant. J'ai croisé la raison et je ne vois plus qu'elle. Et même si elle a disparu, elle me rend heureux. Ça me rend heureux de la garder au fond de moi. Alors je sourie, puis mon sourire entraîne mon rire.
Quand tout d'un coup, un homme entre dans ma pièce. Comment est-il arrivé là ? Lui aussi il cherche un sens ?
Clap... Une lumière s'allume et la pièce brille, me rend aveugle, mais pas assez pour m’empêcher de distinguer cet homme qui s'approche de moi, et me tend un verre d'eau avec des pilules tout en disant : " Allez ! Il faut tout avalez et vous vous sentirez mieux. Vous avez l'habitude depuis le temps.''
Pourquoi ? Pourquoi je continue de rire ?... Ce n'est pourtant pas drôle. Et quand l'homme fut sorti, la lumière s'éteignit de nouveau. Comme tous les jours depuis 6 ans, dans ce sinistre hôpital, où les mots font place aux cris des fous... Moi je ne suis pas fou... Je ne fais que rire. Et me chercher un sens.

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