• Favoris

    0
  • Vues

    1012
ça sert d'os

ça sert d'os
Écrivaillon

Classé dans Véridique
Voir plus de textes de ça sert d'os

Date de création :
le 19 février 2014, à 20:39

Dernière validation :
le 23 février 2014, à 03:46

ô, n'onde l'arrose

Morphée me repousse de ses bras ce soir… Je me tourne et me retourne dans mon lit à cadence incessante. Manifestement, je ne trouverai pas le sommeil, trop d’idées flottent dans ma tête. Ma main me démange… allons, il faut que j’écrive :
Je ne sais pas ce que j'ai ce soir, décidément ça ne va pas en ce moment. Il y a trop de choses, trop de choses qui trottent dans ma tête. C'est toujours pareil, toujours le même doute, toujours cette même personne. Je ne le sais que trop bien et je tremble à l’idée d’écrire son nom… allons mon cœur, un peu de courage ! Pour te libérer de ce poids qui t’accable, il faut partager ta peine avec le papier, écris, écris donc ce nom : Søren.
Mon corps change, je le sais, je le vois et lui aussi, il me l'a fait remarquer. Rien de bien grave, me dira-t-on, mais pour moi c'est terrible. Pour Søren, ce corps, le mien, il est très important. Et s’il venait à ne plus me désirer ? Mais son désir, c'est tout ce qu'il me reste. Son amitié, certes, mais c'est par le désir qu'il éprouve pour moi que je peux me rapprocher de son amour.
Il ne reviendra pas... Je le sais, je le crains, et pourtant je m'accroche, je m'obstine comme Sisyphe s'obstinait à remonter son rocher, comme les Danaïdes s'obstinaient à remplir leur amphore. Et s’il me laissait tomber ? Et si je n'avais plus le droit à cette relation privilégiée que j'ai avec lui ? Je pense trop, je me pose trop de questions.
Quel malheur tout de même que cet aveu au moment où j'étais le plus attachée à lui, comme s'il avait choisi que mon amour soit à son paroxysme pour me détruire mes illusions... Me détruire, détruire… voilà le mot, voilà la violence, la gratuité, la négation de l'autre. Mais sans lui, que deviendrai-je ? Je ne vis qu'à travers lui en ce moment, je n'agis que pour lui, mes moindres faits et gestes sont calculés pour lui plaire. Je ne veux pas plaire à quelqu'un d'autre, je ne veux plus, c'est trop tard. L'illusion me plaît trop, le venin m'est trop doux.
Je ne sais pas quoi faire, je ne sais plus. Je veux juste m'accrocher et espérer... l'espoir... voilà ma seule douce consolation, voilà le baume que j'applique tous les soirs sur mes plaies béantes. Je me rassure, je repense à ses gestes, ses regards, ses sourires, les mêmes qui m'ont bercés dans l'illusion pendant des mois, les mêmes qui m'animent aujourd'hui.
Oui, je ferais tout pour qu'il me fasse ce sourire si tendre qu'il me fait si souvent, pour ce regard, pour ces baisers... Je suppose que c'est ça, aimer passionnément... La douceur du parfum de la rose et la douleur de ses épines.
Si ma rose a des épines acérées, elle a aussi le parfum le plus doux...

Commentaires

Aucun commentaire.


X
Connexion

Nom d'utilisateur :

Mot de passe :

J'ai perdu mon mot de passe
Inscription à Factus Scribo