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ça sert d'os

ça sert d'os
Écrivaillon

Classé dans Véridique
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Date de création :
le 24 novembre 2013, à 17:54

Dernière validation :
le 28 novembre 2013, à 22:40

"I can't take my eyes off you even if it burns" (Simplyd4rk)

à Søren
Il était pâle, très pâle et ses cheveux d’un brun sombre le rendaient plus pâle encore. J’étais à peine plus petite que lui, mais j’avais du mal à m’en rendre compte tant son élocution et sa connaissance en de multiples domaines lui donnaient de la grandeur. Il avait une stature svelte, élancée et plutôt féminine. Sa maigreur allongeait ses jambes déjà interminables qu’il affinait d’avantage, et paraît-il malgré lui, par ses pantalons serrés noirs et souvent un peu trop larges pour lui au niveau de la taille. Car le noir était sa couleur aussi bien pour ses jeans, que pour ses chemises qui mettaient en valeur ses épaules fines et carrées. A la réflexion, elles constituaient avec son torse, la partie la plus virile de son corps. Son buste, par ailleurs, était taillé en V, si bien que l’on pût sentir, s’il autorisait nos mains à le parcourir, de fines hanches, semblables, à peu de choses près, à celles des toutes jeunes filles. Ses mains, petites et pourvues d’ongles abîmées à force d’être rongés, ne collaient pas avec le reste de sa physiologie à lui qui était si longiligne et si propre sur lui. Il se tenait toujours droit, ce qui le rendait élégant en toutes circonstances.
Son visage à l’inverse, correspondait parfaitement au personnage. Il avait la dureté des traits propre aux nordiques mais un sourire d’une telle douceur qu’il atténuait le tout. Ses dents étaient parfaites. Leur alignement irréprochable et leur blancheur soulignaient ses canines particulièrement pointues dont il était très fier. Ce qui était le plus troublant chez lui, c’était son regard. Il était à la fois changeant, expressif et très énigmatique. Il pouvait prendre un air sérieux et menaçant et l’instant d’après rigoler comme un enfant. Ses yeux étaient particulièrement beaux, bien qu’il ne les aimât pas. N’importe qui, à première vue, les diraient marrons, mais en s’attardant un peu, on y découvre un trésor de nuances que l’on ne soupçonnait pas alors. La base était noisette. Autour de la pupille, on pouvait voir un rais légèrement plus clair en forme de cercle. Un anneau brun cernait l’iris. Ses cils d’une longueur impressionnante ajoutaient une touche féminine à ce visage qui, finalement, était plutôt viril.
J’ai longtemps observé ce visage. Longtemps, j’ai cherché cette étincelle dans les yeux qui disaient ce que les mots ne voulaient pas prononcer. Cette étincelle c’est une petite preuve d’amour, un petit je t’aime du regard. Mais dès que je pense l’avoir trouvée, je sens mes vieux démons reparaître et me dire « tu te trompes, souviens-toi ». Il y a tout de même quelque chose de doux dans ce doute constant. Car cela me demande de ménager mes efforts, de ne jamais me relâcher afin de toujours entretenir cette relation privilégiée que nous avons, ce petit sourire qui me rend heureuse. Mais, cette incertitude, j’ai souvent voulu y mettre fin, pour cela il suffit de demander non ? Et cependant, à chaque fois, ma bouche reste muette, mon souffle se fait sourd et ma poitrine me fait mal, alors je me tais. Je le laisse me consumer tendrement. Car oui, il me consumait dans deux domaines, dans l’ardeur de l’amour et dans la torture du doute…

Commentaires
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Grace, le 29 novembre 2013, à 17:58 :

Je crois que je t'avais déjà donné un très bref avis sur ce texte mon amie, mais je vais cette fois-ci prendre le temps de développer un peu plus.

Pour commencer, je trouve la progression de la description vraiment intéressante, du corps en son entier, puis le visage qui finit sur les yeux, et des yeux on passe aux sentiments. J'imagine que ça peut paraître classique, mais ce qui est classique est efficace selon moi. Il y a quelque chose d'attendu ; mais on ne sait jamais tout à fait ce qui nous attend pour autant.

Sur le style, je n'oserais rien dire, parce que j'ai un style qui m'est propre et qui diffère du tiens ; si je m'écoutais j'écrirais ton texte d'une manière totalement différente. Mais bon, je me permets quand même une petite remarque : parfois tu casses le rythme d'une phrase, tu coupes le sens, et soi le lecteur s'arrête brutalement sur un point, soit tu fais relire une même phrase pour la comprendre ("Car le noir était aussi bien la couleur pour ses jeans, que pour ses chemises..." : à cause de la virgule, on s'attendrait à un troisième élément après les chemises, alors qu'il n'y en a pas, donc on pourrait s'en passer). Après dieu sait qu'on apprend chaque jour un peu plus à quel point certaines choses qui paraissent comme des étrangetés dans un texte sont en fait parfaitement voulues et calculées, et apportent du sens. En plus, avouons que c'est une excuse merveilleuse à toutes nos petites fautes.

Que dire d'autre ? Que la description est fidèle ? Je crois que tu le sais déjà... Et que je trouve le texte beau, je te l'ai dit il me semble.


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