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aurélie

aurélie
Écrivaillon

Classé dans Véridique
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Date de création :
le 6 avril 2013, à 14:32

Dernière validation :
le 6 avril 2013, à 20:28

A vot’ santé M’sieurs dames

Au pays des assurances, mutuelles complémentaire, CPAM et autres CMU, les maladies vont bon train, celles qui font mal au nez, à la tête, au ventre. Les radios et scanners s’épuisent. À l’heure des claustrophobies aigües et des migraines persistantes, il est temps de s’alerter. Docteur quelle est cette douleur ? Docteur cette tendre chaleur qui prend mon cœur ? Docteur c’est comme une douceur, comme un parfum de fleur, c’est comme une frayeur, un grand bonheur, c’est fort et c’est doux, c’est tendre et c’est fou, c’est peu et beaucoup, c’est rien et c’est tout…
Finalement Dorothée avait tout compris. Paradoxe.

La santé en France c’est quoi finalement ? Une vieille pièce de boulevard au scénario archi connu : Une carte vitale, un médecin traitant, un dentiste qu’on évite, peut être un gentil kiné au bas de la rue, une pharmacienne sympa et des urgences qui flairent bon les anecdotes croustillantes. Mouais, pas très sexy tout ça. Pourtant on a notre ami Docteur House qui traîne bien dans notre imaginaire, le masochisme devient vite envisageable avec un médecin comme lui. On a aussi Grey’s anatomy, mais Seattle c’est vraiment trop loin. Et Meredith est trop perturbée, donc NON. On aurait bien un autre spectacle en tête… la santé en mode fun ? Ridicule ?...
Et pourtant…un jour on passe la porte d’un médecin sans savoir ce qui nous attend. Un cabinet classique devient alors un grand moment de vie. Une véritable improvisation réussie qui réunirait tous les votes du public. Déjà, un écriteau vite rédigé trône sur le mur de la salle d’attente « nous ne faisons pas d’ordonnance pour les médicaments suivants : VALIUM, autrement dit « les angoissés, dépressifs, et alcooliques, si vous pouviez éviter de remplir nos rendez-vous, merci. » la note est posée. J’attends, j’ai presque peur en fait.
Docteur j’ai besoin de votre aide, c’est un mal qui m’obsède. Trouvez-moi le remède. Docteur je suis prête à comprendre, OUI prête à tout entendre, dites-moi ce qu’il faut prendre, docteur j’ai peur.
En sortant, je me trouve vite un médecin traitant, un autre. Rencontre avec Christian. Début des consultations sans rendez-vous à 9h, il est 9h40, je dois patienter car il vient d’arriver. J’étais la avant lui. La patience devient une arme essentielle pour survivre en terre médicale marseillaise. Sinon, c’est l’échec assuré. On finit par trouver des solutions, on arrive en retard, on est à peu près sûr d’être quand même en avance. Et cela vaut pour les kinésithérapeutes (RDV annulé, et beh oui petitE, fallait m’attendrE, peuchère d’elle), les ORL aussi. On est malade merde, soignez nous. Alors là le cri est entendu, des antibiotiques, des arrêts de travail, des séances d’ostéopathie, si j’avais voulu j’aurai peut-être même pu négocier du Valium.
Ils sont sympa quand même, on rit beaucoup, c’est là qu’est le paradoxe. Peut-être dû à l’accent mais pas que.
Des pharmacies transformées en salon de thé, des accueils d’hôpitaux en café-théâtre, des centres de dépistage en mode Jamel Comedy club. Pas le choix, il faut l’accepter, attendre que madame l’infirmière termine son café pour vous diriger dans l’hôpital. La santé est un spectacle. De beaux personnages, plein d’émotions et d’actions en tout genre, de la sensibilité, de la profondeur, du rire, du tragique et du casse couille. Alors cette « douleur » devient effectivement « une douceur ». On a quand même toujours des migraines, car on a beau rire, des bétabloquants en guise de traitement, superdocteurquiconnaitlamigraine était vraiment pressé de boire son petit café et nous a refilé n’importe quoi.
Alors, La santé, vecteur de notre cher et tendre lien social ? Tamaloutoi ? Jémalicimoi. Oui, à l’heure du tout hygiénique, du « je te touche pas la main des fois que tu me filerai des bactéries », j’ai trouvé des endroits où on boit encore le café dans des lieux qui devraient être stérilisés, mornes et glauques. J’ai ri et partagé des instants de vie. Des vrais. Des fragments de fragilité. Docteur je ne veux plus guérir, docteur j’ai fini de souffrir, je viens de découvrir le vrai bonheur.
Je garde au fond de mon cœur la maladie du bonheur.

Commentaires
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Mustache, le 7 avril 2013, à 14:00 :

En lisant le début du texte, j'ai du regarder de nouveau ton pseudo - ç'eut été amusant que tu te sois nommée ameli :P


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